MARATHON CLUB DU GRAND CENTRE

             "Des pigeons d'exception pour des hommes de passion"

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Une jolie et souriante femme, deux beaux enfants, une belle BMW, 4 victoires nationales marathon à pigeon, et un emploi de ‘loft manager’ chez ‘Pipa’ : encore jeune, Frederik Leliaert pourrait rapidement faire des envieux dans notre petit monde colombophile. Malgré son sourire accroché aux lèvres et son abord sympathique, il n’est, il faut bien le dire, pas le premier venu en colombophilie, on n’arrive pas à ceci par hasard.


Le facteur chance

La chance ne vient pas toute seule, et vous remarquerez que, alors que certains en bénéficie à profusion, d’autres pataugent dans une pouasse intersidérale de façon continue. Il n’y a, il faut bien le dire, guère de hasard dans la vie, et l’on récolte uniquement ce que l’on cultive. A ce niveau surtout, la chance ne vient pas seule, elle se mérite, il faut aller la chercher. Ne pas bricoler, mais travailler dur, et surtout avoir un mental de fer pour arriver à ses objectifs. Autant de choses que Frederik Leliaert a en lui. Il est d’une détermination sans faille et n’a pas les deux pieds dans le même sabot. Son emploi chez Pipa ne lui laisse pas trop de temps, il est parti une bonne cinquantaine d’heures par semaine hors de chez lui ; ce n’est pas pour autant qu’il n’y arrive pas, il s’adapte, et sûrement qu’une pratique comme ceci sans possibilité de faire de chichi correspond mieux à son tempérament d’actif bouillonnant.

frederik leliaert photo avec pigeon

Un tyran au pays du pigeon marathon

Historiquement, quand vous parlez de pigeon marathon, vous allez vite penser à la Hollande, plus particulièrement à la fameuse Zeeland, berceau de tant de champions. Par là-bas, le chichi n’existe pas trop en termes de pigeon, les bêtes à plumes sont là pour bosser dur et pardon, mais ce qui nous parait parfois hors norme en terme de kilomètres à avaler est souvent pour eux une normalité, quelque chose de naturel. Notre homme, Frederik Leliaert, est un produit de cette culture, mais en pire encore. Pensez donc, alors que nous nous arrachons les cheveux en pensant à ce qu’ils mettent à leurs voiliers, eux se les arrachent (les cheveux) en pensant à ce que lui fait encaisser aux siens. Et oui, nous sommes en présence du réputé ‘Tyran de Zeeland’.
Présenté comme ça, quitte à être un pigeon, autant habiter dans le colombier du voisin. Mais bon, certains s’en sortent, et plutôt de belle façon, puisqu’avec sa victoire sur Saint Vincent 2015, notre homme vient d’engranger sa quatrième victoire nationale.

Il faut dire qu’il n’est pas amateur de dentelle en pigeon, la citation ‘marche ou crève’ n’est pas ici usurpée. Aucun mauvais traitement envers ses voiliers bien entendu, mais disons qu’il a, outre comme beaucoup l’envie de gagner, pour la colombophilie un leitmotiv assez particulier, une petite lubie personnelle qui le guide dans la conduite de sa colonie.


Repousser les limites en restant dans ‘la gagne’

Chacun est bien libre dans tout ce qu’il fait d’y rechercher ce qu’il a envie, dès lors qu’il n’impose rien aux autres, en colombophilie comme ailleurs. Un sera enchanté juste à voir rentré ses voiliers, même plusieurs heures après ceux des copains ; pour un autre, ce sera la gagne ou la dépression. Un troisième n’y verra qu’une façon de tester sa méthodo d’élevage, alors qu’un quatrième ne jugera que par les pigeons de couleurs, etc. Frederik Leliaert, lui, recherche à découvrir les limites de ses pigeons de course et à les repousser. Cette envie d’expérimentation se fait dans le créneau de la compétition, le but n’est pas de détruire du pigeon, mais de construire une lignée plus dure que les autres, sélectionnée au-delà de ce que la majorité des amateurs pensent possible, et de gagner des courses marathon.

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Sa méthode repose sur certains éléments qu’il tient pour base de raisonnement : pour lui la fougue de la jeunesse est un atout pour la victoire : un jeune ne connait pas ses limites et peu donner vraiment tout pour venir tôt. Un pigeon doit être capable d’encaisser, dans des conditions normales, une course marathon tous les 15 jours. Il croit dans « le compas », entendez la capacité d’orientation, le pigeon l’a ou pas.

C’est ainsi qu’il doit sa victoire nationale sur Saint Vincent 2015 à ‘Tarzan’, un pigeon tardif avec 4 plumes de nid. Ce « jeunot » était le seul pigeon en Hollande le jour du lâcher. Il n’a pas gagné cette course juste en ouvrant les ailes pour se laisser porter par le vent : il s’est fait constater à 21h42’, pour 915 kilomètres depuis le point de lâcher à son colombier, bon pour une vitesse de 1008 mpm. Chapeau avec 4 plumes de nid... mais encore, sachez que 15 jours avant, il se classait 891ème sur 6638 pigeons à Agen. Il est ensuite parti pour d’autres cieux, en permettant à son propriétaire de garer une belle BMW bleu métallisée, devant sa demeure, une compensation appréciée.


Une bonne lignée marathon…

Il a tout ce qu’il faut pour être hyper médiatisé, et mettre sa lignée en valeur. Pourtant, ce n’est pas tant le cas que ça, malgré les prouesses que sa famille de pigeons a pu réaliser :
Dees’ (1452924/05) gagne 1er / 7213 p. International Bordeaux 2007, mais aussi 1er / 3816 p. Nal Narbonne 2008. En 2010, son frère ‘Horus’ (1239246/09) gagne le 1er / 3835 p. Nal Bordeaux yearlings. Sur ce même concours, un autre frère ‘Aton’ gagne le 104ème prix, pour faire un 7ème / 3849 p. Nal Narbonne la même année. Une sœur de Dees, Horus et Aton est mère du ’Tarzan’, 1er Nal St Vincent, une autre sœur de ces supers pigeons est mère du ‘De Jan’ (4100613/11), un pigeon d’exception, avec des prix comme le 1er / 3470 p. Bourges 2012, 6 / 3610 p. Limoges 2013, 6 / 1480 p. Libourne 2013, 22 / 3960 p. Châteauroux 2012, etc. Un petit-fils de Dees, 'Eduardo' a lui été couronné, as pigeon WHZB 2010, avec les prix suivants : 11 / 3850 p. Nal Narbonne ; 17 / 2950 p. Tarbes, 94 / 3835 p. Bordeaux.

Seule ombre au tableau pour nombre d’acheteurs potentiels : ces pigeons, pointeurs incroyables en marathon sont à la base des pigeons d’un ami de Frederick : Dees van Kerckhoven, un amateur de vitesse demi-fond… Voilà ce que de tels voiliers sont capables aussi de donner sur un Pont Sainte Maxence (227 km) de début 2017 : 2, 4, 5, 7, 9, 12, 18, 27, 29… / 548 p. avec un 20 / 37 à la clef. Bien des amateurs qui ne dépassent pas le demi-fond voudrait un tel résultat à leur palmarès…

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Management

La conduite est assez simple : les pigeonneaux ne sont pas joués, faute de temps. Les tardifs sont considérés comme les yearlings à la mue révolue, qui sont eux-mêmes mis à la même enseigne que les vieux pigeons. La sélection se fait toute seule, pas besoin d’éliminer un pigeon faiblard, il ne résiste pas, et est rapidement porté disparu.

En début de saison, les pigeons sont mis autant que possible, quel que soit le temps. Pour les yearlings, le premier test sera Agen ; suivi 15 jours plus tard de St Vincent, et 15 jours plus tard Narbonne. Deux semaines avant Agen, les pigeons partent pour un Argenton sur Creuse.

Les pigeons joués au veuvage total en saison sont ensemble en hiver ; ils vont le rester jusque fin mars, ou ils seront découplés. Certains seront sur nid, d’autres sur jeunes, d’autres sur rien. Les femelles iront alors au colombier de jeunes pendant une paire de semaines pour ensuite être placées en volière, d’où elles seront jouées. Elles ne pourront voir les mâles qu’au retour. Le jeu favori de notre ami reste quand même celui des mâles.

En saison, les mâles sortent deux fois par jour en saison, à chaque fois pour environ 1h20 d’exercice, tout d’abord à 6h30, et le soir après 20 heures. Au début, un ballon est utilisé pour les aider à tenir en l’air. Les femelles, depuis leur volière sortent environ 1 heure, 1 à 2 fois par semaine. Avant une belle étape, les voiliers sont lâchés deux jours avant, le soir, depuis Mouscron (+/- 60 km) vers 20 heures pour rentrer vers 21h30 +/-.

La colonie se compose d’un peu plus de 100 pigeons en hiver (106 cette année) dont 9 couples de reproducteurs plus quelques éleveurs. Classiquement, de l’équipe de voyageurs présente en début de saison, il reste entre 15 et 20 sujets fin juillet. Le reste n’a pas pu tenir le choc.

Logés à une paire de maison plus loin, les parents de Frederik donnent aussi un peu la main en cas de besoin, pour les entraînements notamment.

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Soins

Les installations sont nettoyées 2 fois par semaine en saison, mais la raclette reste totalement au repos pendant les mois de novembre à février. Le colombier n’est pas plus ouvert en été qu’en hiver, tout est réglé de façon définitive, pas besoin de se casser la tête avec ceci.

En début de saison, ¼ de Flagyl® (tricho) est administré ; ce traitement est renouvelé 6 semaines plus tard, puis plus rien. A noter cependant que l’homme de science est consulté 2-3 fois pendant la saison. S’il trouve quelque chose qui ne va pas, une intervention est réalisée ; ainsi, voici deux années, un problème de coccidiose avait nécessité l’emploi de Baycox®.

Pour ce qui est des apports complémentaires, Frederik utilise les produits Winners®. Le « 3en1 » (huiles essentielles et acides organiques) et le ‘Broncholyt’ (plantes) sont donnés 3 fois par semaine en saison. En vue d’une récupération optimale, du « récup » est donné pendant 2 jours au retour.
Côté grit, le complexe « all in one » de chez Versele Laga® est utilisé.

Les grains de la firme Matador® sont la base alimentaire ici, assez souvent complétés de granulés ‘P40’ (firme Kasper®). Le mélange donné toute l’année est composé de : ‘Turbo energy’ + élevage + P40 et assez souvent de mélange dessert. La ration est donnée au sol pendant un maximum de 30 minutes, puis plus rien.

Super Dee
Un homme déterminé

Frederik Leliaert, dont la conduite de colonie n’est pas recommandée aux âmes trop sensibles, est la preuve que l’on peut devenir un grand champion malgré une vie professionnelle bien remplie. Reste quand même à avoir les bases indispensables : un bon ‘feeling’ avec les pigeons, une motivation à toute épreuve une super base de pigeons et un bon colombier. Quand nous avons peur de lancer trop fort nos yearlings, nos vieux à la distance, un gars comme Frederick gagne un national marathon avec un tardif porteur de 4 plumes de nid qui avait 15 jours avant déjà fait un autre prix en marathon. Chaque champion est un homme déterminé, qui est fort d’une motivation sans faille. Quelle que soit la méthode, il faut de bons oiseaux et surtout un homme déterminé. Sans ceci, point de succès.

Vous pourrez trouver de plus amples informations sur son site web : http://www.duiventopper.nl

Bravo Frederik, souhaitons au ‘Tyran de Zeeland’ encore de fracassant succès pour 2018 et les suivantes, félicitations.

David Chassagne, avril 2018