MARATHON CLUB DU GRAND CENTRE

             "Des pigeons d'exception pour des hommes de passion"

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1er As pigeon Assen – Osnabrück 2017

C’est à 15h23’, mardi 1er août, lendemain du lâcher de Assen 2017, que la longue attente va être récompensée pour Pascal Besineaud (16-Mainxe). Son pigeon 338135 de 2012 vient de rentrer au bercail, après une course de 951 km, bon pour une 9ème place du classement de la zone marathon, il empoche par la même le titre convoité d’As pigeons 2017 ‘Assen-Osnabrück’.

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Jean-Marie Blouin (président UCML), Pascal Besineaud, Eric Billaud (Président Sportif MCGC)


Pas de championnite, des As pigeons

Le MCGC a pour vocation de se faire plaisir en courses marathon. Ce plaisir se veut résolument écarté des championnats qui mettent en valeur plus les hommes que les pigeons. Ce jeune club a pour vocation de focaliser le plaisir autour de ce qui nous fait rêver : les prouesses de nos voiliers ‘longues distances’. Au-delà des classements, sont donc récompensés chaques années divers classements d’As pigeons. Ces formidables voiliers capables de répéter des exploits. Ces oiseaux rares sont la base de la sélection, pour, dans un avenir proche, posséder des colonies suffisamment solides sur ‘la distance’.

Un classement très convoité chaque année est l’As pigeon ‘Assen-Osnabrück’. Cette année, seulement 19 pigeons ont réussi le doublé sur ces deux courses. Au-delà des défections diverses sur l’une ou l’autre course, ceci montre bien aussi que ce n’est pas donné à tous de faire le doublé de prix. De tels voiliers méritent à coup sûr le plus grand respect pour la qualité qu’ils ont bien voulu montré cette saison.

Mon as pigeon fond 1338135/2012 : 1er As ‘Assen-Osnabrück 2017’…

Ce n’est pas un coup de chance ou un coup du hasard qui a fait obtenir au 135/12 cette jolie 9ème place sur Assen 2017. Il avait déjà bouclé Osnabrück 2017 à la 26ème place pour 974 km. Ce n’est assurément pas une paille que de pouvoir faire prix tôt deux fois à ces distances, sur deux éditions pour le moins sélectives. Il n’y a pas ici de place pour la chance, mais juste pour la top qualité. L’an passé, le 135 engrangeait déjà une belle 65ème place sur Osnabrück. En yearling, il avait déjà montré qu’il avait envie de venir, ce qui, nous le verrons plus tard, est chez Pascal, souvent un signe qui ne trompe guère.

Son père est un descendant du ‘Wonderboy’ de chez Eijerkamp (NL), sa mère est une Patrick Métayer (FR), champion bien connu des amateurs longues distances de nos régions.

Avec 31 points de classement cumulés, il empoche donc le titre d’As pigeon Assen-Osnabrück avec 7 points sur son plus proche concurrent ; il a été au-dessus, sans discussions possible. La classe.

Palmarès         palmares 1    palmares 2 recoup  Pédigrée    ped mere Copier


...et le 211567/14, à surveiller…

Le second arrivé sur Assen, porteur du matricule 2111567/2014 est lui aussi un voilier de grande valeur : il empochera pour sa part la 6ème place du même classement, avec, avant Assen, une 74ème place sur Osnabrück 2017. Là aussi, tous n’en sont pas capables, il fallait du costaud en top condition. Ce 567/14 en est, lui, à sa première année de compétition ‘longues distances’. D’entrée de jeu, il s’affirme comme un athlète avec lequel il va falloir compter. En yearling, il était déjà l’auteur d’un 100 % de prix (4/4). Tout comme son co-équipier, il a de qui tenir : il est ainsi 50 % Carteus (B-direct), 50 % d’origine du Tam-Tam de Joël Videau (FR), une des colonies les plus titrés de notre hexagone. A suivre donc, ces deux voiliers devraient à nouveau faire parler la poudre dans les années qui viennent.

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Pascal, l’As Assen-Osnabrück 2017 et sa chienne truffière


Colonie

Depuis 2009, Pascal a fait le choix de changer son fusil d’épaule et de se spécialiser sur les étapes longues distances. Fini donc la vitesse, le demi-fond, où pourtant il a cumulé les titres d’honneur (1er fédéraux, 1er Groupement, titres as pigeons, etc). Son travail comme chauffeur l’éloigne, il faut dire, une bonne partie de la journée de son domicile. On ne peut pas être partout, il faut un moment faire des choix adaptés pour pouvoir encore se faire plaisir avec le temps à disposition.

La colonie est forte de 17 couples de reproducteurs. Depuis 2014, il s’est lié d’amitié avec René Landais chez qui il a acheté nombre de sujets. Aujourd’hui, c’est 90 % de la colonie qui est basée sur cette origine, les premiers sujets issus de cette souche devant être joué vraiment dès 2018. Le reste, nous l’avons vu, est composé de souches assez locales (Videau, Métayer), additionnées de souches utilisées précédemment (Eijerkamp, Van de Pasch, etc). En hiver, la colonie est composée d’environ 180 pigeons.

De ces 17 couples sortiront annuellement une cinquantaine de jeunes qui ne seront pas mis au panier avec la société. Ils bénéficieront toutefois d’un écolage ‘intra panier’ pour y apprendre à manger, à boire. Ils pourront en parallèle sortir tous les jours, le temps qu’ils veulent, sans contraintes. C’est l’épouse de Pascal qui est chargée de libérer la nouvelle génération. Le spoutnik est alors ouvert pour permettre la rentrée dès qu’ils le veulent, sans pouvoir ensuite ressortir. En général, tout pigeon avec un minimum de qualité en main passe en année supérieure. Il faut vraiment être un ‘canard’ pour se faire éliminer. Le seul et vrai juge reste le panier.


Elever des mâles

Comme tout amateur qui joue essentiellement les mâles, vous rêveriez d’un système vous permettant de les détecter au plus tôt, avant le baguage. Pascal aussi, sauf que contrairement à vous, il a ses combines pour ne pas se faire envahir de femelles de peu d’utilité jusqu’à présent pour lui.
Pour ce qui est des œufs, le plus petit est celui du mâle.

Si vous loupez ce stade, avant de baguer, il semble que le mâle ait un bec plus court et plus large que la femelle. Avec ce système, il a bagué cette année 33 mâles de ses 55 pigeonneaux ; pas si mal quand même, sachant qu’il choisit délibérément aussi de baguer quelques femelles chaque année.

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Management

L’hiver, les pigeons ne sont pas lâchés ; les volées, réalisées le soir au retour du travail, vont reprendre tranquillement à partir du mois de mars. Le but est de les allonger progressivement pour arriver, 3 semaines avant Osnabrück à 2 heures continues d’entrainement. Si, vous le verrez, il suffit de rentrer au bercail pour sauver sa tête lors des courses à venir, par contre, notre homme n’est pas à taquiner pendant la volée. Les briseurs de volées, via des poses intempestives sur les poteaux, le toit, ont droit à un bannissement définitif. Mieux vaut donc ne surtout pas jouer à ce petit jeu-là, pas de fainéants ici.

La saison ne commence jamais avant le mois de mai. Tous les voiliers sont portés 2 fois à 50 km, directement. Suite à ces deux uniques éléments de mise en route, ils sont enlogés pour Sainte Maure de Touraine (172 km) avec le groupement.

Les pigeons sont accouplés en avril, pour revenir de Sainte Maure sur des œufs. Au retour de l’étape, les mâles pourront couver un maximum de 4 jours les œufs, puis seront mis au veuvage pour la saison. Les femelles ne sont pas montrées avant de partir. Le temps de leur présence au retour sera fonction de la dureté de la course. Sur les marathons, les couples pourront rester ensemble jusqu’au lendemain.

Les lendemains de course, les voiliers sont conservés dans les colombiers. La volée reprendra le surlendemain, en étant écourté quelque peu. Le troisième jour par contre la durée sera à nouveau maintenue à 2 heures pour reprendre du rythme. Pendant les 3 semaines sans compétition entre deux courses longues distances, aucun entrainement n’est fait, les choses se limitent aux entrainements journaliers autour du colombier.

Le but de Pascal est de se faire plaisir. Dans le créneau choisi, la meilleure solution, et sûrement la plus pérenne, est de le faire avec des voiliers mûrs, épargnés en jeunes. Ils seront suffisamment solides ensuite pour encaisser le travail demandé pendant plusieurs années. Les yearlings sont donc eux aussi épargnés. Ils restent, comme en pigeonneaux, tous mélangés, mâles et femelles. Ils seront joués ainsi, 4 fois, jusqu’à environ 200-250 km. La première étape où ils rencontreront des voiliers étrangers à leurs installations est Sainte Maure (172 km), courant du mois de mai. Pour les femelles, ce sera classiquement la seule année de voyages : elles finiront alors en reproduction, en femelles de veufs ou devront partir, en fonction de ce qu’elles auront montré durant leur courte saison, et de leurs origines, leur conformation.

A noter que Pascal s’est aperçu que souvent, ses meilleurs pigeons adultes avaient montré un peu de leur talent aux courtes distances en tant que yearling, montrant qu’ils avaient envie de ‘venir’. Comme leur patron, ils sont un peu nerveux, et se montrent souvent dès ces premières courses d’éducation.

Les deux ans, joués au veuvage classique, vont eux commencer à aller dans le grand bain, mais seront conservés sur des courses ne dépassant pas +/- 600 km. Là encore pas de sélection ; est gardé ce qui rentre.

Exceptionnellement cette année, des femelles seront testées en courses, reste encore à trouver un ‘tempo’ d’entrainements adapté avec les horaires de Pascal. Autrefois, il jouait très fort avec ses femelles, qui étaient uniquement lâchées par sa fille les mercredis pour 2-3 heures de liberté. S’en suivait un coup de panier un peu avant l’enlogement à 10-15 km et souvent beaucoup de plaisir le week-end avec les fruits de ce système.

A partir de 3 ans, toujours sous le régime du veuvage classique, les choses deviennent sérieuses, et les voiliers vont partir pour les courses marathon. Là encore, qui rentre est gardé mais en général, le manque de qualité fait tout seul le tri sur ces distances.

Assen 2017 aura pour Pascal vu la perte de 2 extras. Il faut dire que cette année aura été très sélective, et l’équipe de veufs aura connu de nombreuses cases vides : suite à la saison 2017, seuls 7 voiliers sur les 39 de départ sont encore présents. Il est toujours regrettable de contempler la case vide d’un super, resté en route sur telle ou telle course, mais ça fait partie du jeu. Si l’on veut se faire plaisir, il faut aussi accepter de tels aléas.

En fin de saison, les veufs peuvent élever un à deux jeunes, récompense des efforts fournis pendant la saison passée.

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Soins

L’amitié née avec René Landais aura permis à Pascal de vraiment trouver ses marques dans cette discipline nouvelle pour lui. S’il sait maintenant se faire vraiment plaisir en grand fond, il faut se dire que ce n’est que le début de l’histoire. C’est grâce à son mentor, qui lui a fourni tant les conseils que les pigeons que devraient se vivre de beaux résultats dans les années à venir. Tout ce qui est des schémas de soins qui vont suivre est donc issu de ce qu’il a pu apprendre auprès de son mentor et ami.

Côté traitements, les choses sont assez simples : aucun traitement contre les vers, la tricho, la coccidiose. Seul est inoculé le vaccin obligatoire (PMV). 3 semaines avant la première épreuve de grand fond, est réalisé une cure de 7 jours de ‘Lysocur’ (Comed®) pour les voies respiratoires. Ce produit sera de nouveau donné les 3 jours avant l’enlogement.

Tous les mercredis, le grain est humecté d’huile de soja et saupoudré de levure de bière. L’hiver, une gousse d’ail est laissée dans l’eau. La même gousse peut rester souvent plus d’un mois en place, en étant remise dans l’abreuvoir après chaque changement d’eau.

Côté nourriture, les pigeons ont, au retour, pendant environ 2 jours du ‘super diète’. Le reste du temps, ils ont un mélange à la composition suivante : 4,5 Unités de maïs ; 1,6 U de soja ; 0,5 U d'avoine pelée ; 0,3 U de cardy ; 0,2 U de chènevis. A ce mélange est rajouté de l'orge, qu'ils doivent manger pour avoir autre chose, plus ou moins selon l'état des pigeons. Les 4 derniers jours avant l'enlogement, pas d'orge et le soir à manger à volonté pendant 20 minutes.

En saison, la ration est donnée en 2 temps : une cuillère à soupe par bec le matin, et le soir, au retour de la volée (19 -> 21 heures), c’est ‘open bar’ pendant une demi-heure. Ensuite, la mangeoire est enlevée.

Pendant la mue, le mélange est le suivant : 1 U pois, 1 U maïs, 1 U blé, 2 poignées de tournesol, 1 poignée de graines de lin, ainsi qu'un peu d'orge et du granulé « poules pondeuses ».

En hiver, encore plus simple : 50 % orge, et en équivalence du blé, maïs et pois.

Un dimanche par mois, hors saison sportive, est pratiquée une journée de jeûne.

Pas besoin donc d’être retraité, ni de faire hyper compliqué pour se faire efficacement plaisir en courses marathon. Tranquillement, Pascal Besineaud a trouvé une méthode efficace, sans fioritures, qui lui a permis, malgré un emploi du temps chargé, d’exploiter au mieux ses voiliers.

Il engrange cette année un premier titre d’As pigeon dans sa ‘nouvelle’ catégorie de prédilection. Ce n’est qu’un début, et ce nom n’a pas fini de s’afficher en haut des classements des courses longues distances auxquelles il va participer. La méthode est au point, la colonie se renforce et devrait être réellement à plein régime d’ici peu. Aux mains d’un homme appliqué, et déterminé à se faire plaisir, les colombiers de Mainxe devraient être le théâtre de bien belles choses dans les années à venir.

Souhaitons à Pascal encore de nombreux As pigeons, pour les années qui s’avancent. Félicitations, bon vent pour les saisons à venir,

David Chassagne - novembre 2017.