MARATHON CLUB DU GRAND CENTRE

             "Des pigeons d'exception pour des hommes de passion"

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C’est Didier Chauvel (44-Le Loreaux Bettereau) qui remporte de magnifique façon la deuxième édition du contre-la-montre depuis Nijkerk (NL) organisé par le MCGC. Sans se prendre la tête plus que de raison, ce très sympathique amateur gère une petite colonie, montée à moindres frais, ce qui ne l’empêche pas, année après année de récolter les places d’honneur des courses longues distances qui lui sont ouvertes.

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Contre-la-montre

Ici pas d’effet de masse, pas de différence entre petite et grosse colonie. L’expérience de l’an passé a permis de lâcher d’emblée les équipes toutes les 3 minutes. Arrivés depuis l’avant-veille, et malgré la couverture nuageuse présente la veille, les pigeons ont pu commencer de bien s’orienter. Tourner de longues minutes n’est ensuite, au moment de la mise en liberté, normalement plus utile, ce qui se vérifia également sur cette édition 2018.

27 équipes de 2 pigeons ont été engagées pour l’édition 2018, qui a, à un ou deux prix près, été bouclée le jour même.

Chapeau pour un tel type de course entre 7 et 800 kilomètres... Sur le classement a été laissé apparent cette année les pigeons constatés, mais si l’on effectue un classement d’un prix par 4, seuls 1 à 2 prix clôturent la course tôt le lendemain matin, soit plus rapidement que l’an passé ; ainsi, malgré des lâchers s’étalant de 8 heures à 9h24 le matin, 12 des 54 pigeons engagés ont pu dormir dans leur casier.

Rien n’était pourtant joué d’avance, et la course avait été reportée d’une paire de jours pour cause de mauvais temps annoncé. Les courses lâchées dans les jours précédents, avec souvent au minimum 300 km de moins avaient eu des déroulements très laborieux, ce qui incitait à la prudence. Le but reste de libérer les pigeons dans les meilleures conditions possibles pour faire la course, et libérer n’était alors pas si sûr que cela. Heureusement le vent un peu poussant aura aussi aidé les oiseaux à filer vers leurs pénates.
 AILE

C’est finalement le 13 juin qu’une trouée s’est montrée du bon côté, ce qui a permis aux voiliers de passer sans casse. Cette seconde édition montre la faisabilité indéniable de telles épreuves à de telles distances. Avec une bonne journée d’observation avant pour les voiliers, un lâcher toutes les 3 minutes est aussi quelque chose de réaliste. Toutes les 2 minutes devrait même être envisageable si la veille a été pourvue de soleil et permis une vraie bonne orientation des oiseaux ; à voir.


100 % le soir

Notre ami Didier a non seulement réalisé l’exploit de gagner ce contre-la-montre, mais il se permet d’avoir ses deux voiliers le soir même, bon pour une 1ère et une cinquième place du classement de l’épreuve ; tranquillement, la classe.

Son équipe, notée 9ème dans l’ordre de lâcher, a été libérée à 8h34’ et avait 739 km à parcourir.

Le 201271/2014, vainqueur de l’épreuve déboule à 18h58’00. Pile à l’heure, après 10 heures 24 minutes 0 secondes, bon pour une vitesse de 1184,47 mpm.

Le 013125/2015, second marqué, se pose lui à 20h27’11’’, après quasi 12 heures de vol, bon lui, pour une vitesse de 1036,297 mpm.

Ce n’est quand même pas si simple de rentrer en solo de telles distances le jour même, à une allure qui nous irait déjà bien s’il s’agissait d’un lâcher commun avec un effet ‘portant’ de masse. De telles prestations forcent vraiment le respect, car seuls les vrais bons peuvent briller ici, où il faut savoir faire le boulot tout seul.

201271/2015

Le vainqueur est issu de 2 pigeons de 2009 : côté père, on retrouve un direct Martin Ravelingen (B), arrivé au colombier, dont le carton avait été envoyé suite au signalement. Après en avoir tiré quelques jeunes, Didier l’a ensuite passé à un collègue, il est comme ça, le sport colombophile est un plaisir entre copain, pas une recherche de gloriole. Le père du 271, bagué 586/09 est donc un fils de cet égaré. Il fait pris de la vitesse jusqu’au fond, en passant par le demi-fond. La mère, la 939/09 est, elle, de sang… personnel, pédigrée estampillé ‘culture perso’ donc, un pigeon à plume quoi, mais le plus important est là, sous nos yeux, sous forme de résultat, le reste demeure du vent, vent souvent coûteux quand on veut s’y intéresser lors des nombreuses ventes hivernales…
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Comme pigeonneau, il n’avait pas quitté son colombier ; yearling, il avait été conservé sur des étapes de vitesse avec en point d’orgue une participation à un fédéral (Sens – 366 km) sans y faire prix.

En 2016, passé ‘2 ans’, il fit prix aux 3 fédéraux où il fut aligné : Sarrebourg (648 km – 141 / 2159 p.), Maazeik (674 km - 249 / 1242 p.) et Amsterdam (732 km – 238 / 1125 p.). C’est d’ailleurs sur ce dur Sarrebourg qu’il commença à taper à l’œil de Didier en arrivant premier au colombier.

En 2017, âgé de 3 ans, il loupe sur un Lunéville très rapide (1600 mpm), mais vient en tête sur Osnabrück (9 / 464 p.). Il ne terminera pas sa saison sur Assen du MCGC pour cause de mue trop avancée.

Cette année 2018, il n’a pas été très bien en début de saison, et a loupé sur les courses de vitesse préparatoires : 13/04 Saumur (100 km) ; 28/04 Alençon (170 km) ; 04/05 Falaise (203 km) ; le 25/05, sur Chaumont fédéral (497 km), qui a été assez compliqué, il finit 480ème sur 2300 pigeons. En attendant l’engagement sur Nijkerk du 13/06, il ira avec les collègues de colombier sur des entrainements société.

Son compagnon de corvée sur ce contre-la-montre, le 125/15 est lui un croisement d’un mâle Van de Poël (B) et d’une femelle 50 % Thierry Raffin, un amateur des plus redoutables, si ce n’est peut-être le plus redoutable de l’hexagone en demi-fond. Ce 125 a réalisé l’an passé un 4ème prix face à 1175 pigeons en vitesse, ainsi qu’un 46ème / 2623 pigeons en fédéral, pour terminer par une 84ème place sur Assen 2017. Il confirme cette année sur Nijkerk, il faudra sûrement compter sur lui dans les années à venir.

Merci Claude

Suite au décalage de l’enlogement pour essayer de trouver un créneau pour lâcher, les pigeons ont été mis en loge le dimanche soir, hors notre compère était parti en week-end, et il s’en fallu de peu qu’il ne participe pas à cette épreuve.

Heureusement, il pouvait compter sur sa fille pour nourrir les pigeons et sur la cheville ouvrière de la société de Saint Sébastien sur Loire qu’est l’ami Claude Jouannic. Claude, qui avait déjà œuvré pour motiver les troupes à participer à Nijkerk s’est de suite proposé pour aller chercher et enloger les pigeons de Didier pour lui permettre de jouer Nijkerk. On peut dire que Didier lui doit une fière chandelle. On a les amis qu’on mérite, et il n’est pas étonnant que Didier ait de si bons collègues…

Colonie

En présentant cette colonie, on revient un peu les pieds sur terre, à l’essence de la colombophilie loisir, vraie, de celle qui est loisir et amitié.

Donc, côté reproducteurs, Didier est riche de… 3 couples, et encore, leur présence est toute récente, puisque vieille de 2 années. Avant, les reproducteurs étaient les voyageurs, entendez qu’il tirait des jeunes de ses voyageurs avant saison sans s’embarrasser de reproducteurs.
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Envahi...

Cette année, les couples ont été mis en ménage en février, et il s’est laissé envahir de jeunes : il a tiré sur tous ses couples et 30 pigeonneaux peuplent les installations. Oui, envahi ! Il faut dire que c’est le double des années précédentes, où seuls les meilleurs pouvait reproduire ; alors bon, ok pour envahi…

Management - soins

Ces nombreux jeunes seront, comme les années précédentes, juste entrainés par ses soins, sans aller au panier société.

Yearlings, ils feront comme le 271 : des vitesses et 1 fédéral.

2 ans, ils seront maintenus sur les fédéraux pour n’être lancés sur les courses de grand fond qu’à 3 ans. Il n’y a pas d’âge pour la retraite ici, tant ‘qu’ils tournent’, ils sont alignés dans le programme choisi.

La sélection est simple : ce qui ne rentre pas n’est pas conservé, entendez que tout ce qui rentre peu resté au colombier pour l’année suivante. Les longues distances ont cet avantage de faire le tri à notre place…

Si l’an passé, les pigeons avaient été accouplés suite au premier fédéral et étaient partis sur des œufs pour Osnabruck (où Didier avait le deuxième pigeon de tout le contingent), cette année, il s’essaye au veuvage total sur la saison complète.

Mâles comme femelles ne font qu’une volée par jour, le soir, après le travail. Un peu avant un engagement sur une course importante, il les force à voler au moins une heure au drapeau.

Il pratique le système de colombier tournant : pendant que les femelles sont libérées, les mâles sont poussés dans le compartiment qui héberge leurs femelles en semaine. Les demoiselles rentrent ensuite dans le colombier des mâles et sont nourries au bac commun. Pendant ce temps, les mâles font leurs exercices quotidiens. Le repas fini, ces dames vont rejoindre leur compartiment ‘de semaine’, alors que leurs conjoints rentreront, la volée finie dans leur compartiment, où ils seront eux nourris au casier. La ration est composée d’une bonne cuillère à soupe par pigeon, matin et soir.

Au retour, les pigeons sont nourris au mélange ‘sport’ ; le grain est humecté d’huiles (mélange de plusieurs types : huile tournesol, foie de morue, etc) et séché d’Hémo-Lyt® (idem levure de bière) de chez Versele Laga. Dans l’eau est ajouté des électrolytes glucosés (Récup-Lyt®). Suivront souvent 2 jours de ‘dépuratif’ avec toujours des huiles et de la levure de bière. Dans l’eau sera versée des tisanes de composition personnelle.

La période ‘entre deux’, les voiliers seront nourris d’un mix de ‘sport’ et de ‘diète’, pour passer au 100 % sport les 2-3 derniers jours. Pendant cette période de préparation sera aussi donné des vitamines (Carmine®) pendant 2-3 jours. Le grain sera humecté de ‘Form oil®’ et saupoudré de ‘Boost®’. Quelques cacahouètes entrent à ce moment dans la ration des voiliers en partance.

Côté traitement, là aussi du classique, simple, efficace : avant saison, les pigeons sont traités 5 jours à l’Alazol® contre la trichomonose, ainsi qu’un ‘Téniverm®’ contre les vers. De temps en temps, ils recevront ensuite un Spartrix® ou un cachet de chez Rohnfried® qui fait tricho + coccidiose.

Tous les 15 jours, il donne dans l’eau un produit pour les voies respiratoires, à base de plantes, qu’il prend en pharmacie.

Un homme souriant

Voici quelques années que je croise Didier lors des assemblées du MCGC. Je mélange encore un peu parfois les noms, et ne savais pas trop voici encore assez peu mettre un nom certain sur ce sympathique visage. Pourtant, ce visage m’avait marqué.

Il ressort de notre champion du jour une espèce de calme, de gentillesse qui fait plaisir à voir. Je n’en ai d’ailleurs qu’une image souriante en tête. Quand vous voyez cette image vous avez envie de sourire, c’est un plaisir, alors que nous côtoyons pendant la saison beaucoup de gens qui semblent jouer leur vie sur les concours ou rien n’est à gagner, de croiser une telle expression.
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C’est peut-être ‘ringard’, ces quelques lignes, et pourtant, c’est un bonheur de croiser de telles personnes. Il faut bien aussi savoir dire parfois, sans honte d’être ridicule les choses vraies qui nous traversent le cœur, et côtoyer de telles expressions est un vrai plaisir.

Didier est venu aux pigeons en 2008. Son père était éleveur passionné de canaris, pigeons-paons et autres oiseaux ; il a donc toujours été baigné dans les bêtes à plumes. Et puis un jour, à l’occasion d’un repas à la maison avec les parents d’une amie de sa fille, le père de la petite copine a amené une panière et lâché ses voiliers. Ce fut chez notre ami un déclic quasi immédiat : le virus l’avait contaminé, il allait faire dorénavant du pigeon de courses.

Souhaitons-nous de pouvoir encore longtemps profiter de ce sourire calme, cette bienveillance qui colle si bien à ce sympathique personnage. Souhaitons à Didier de continuer encore longtemps à se faire plaisir avec ses pigeons, sans se prendre la tête, avec simplicité, et succès. 2018 sera sûrement à marquer à l’encre blanche pour la colonie de la rue du moulin de la Landelle, car suite à Nijkerk, l’ami Didier vient d’engranger un 1er fédéral d’Amsterdam de la 11ème région face à plus de 1200 pigeons. Chapeau !

Encore bravo Didier pour ces exploits, rendez-vous sur Assen pour la dernière joute marathon de la saison 2018. Bravo

David Chassagne juillet 2018