MARATHON CLUB DU GRAND CENTRE

             "Des pigeons d'exception pour des hommes de passion"

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Assen 2018 aura été, à nouveau, une épreuve pour les très solides. Un seul pigeon aura été à même de regagner sa case en zone marathon (au-dessus de 731 km). Cette bête d’une ténacité qui frôle l’insolence s’est posée tout à l’est du rayon, où le soleil tapait le plus.

A 21h36’33 ‘’, Thibaut Enguerand avait ainsi l’immense joie d’ouvrir le bal pour la zone marathon avec un yearling, s’il vous plaît, en la personne de son 094146/2017. Un sacré pigeon pour se poser chez lui le soir à plus de 800 kilomètres.

Pas de la petite bière

Comme en 2017, les voiliers lâchés depuis Assen, ce 30 juillet 2018, durent mener une lutte dantesque pour regagner leurs pénates. Se l’imaginer est une chose, mais observer de ses yeux durant toute une journée de route du retour, le vent contraire, faire plier les peupliers bordant la route, en sachant que  de petites boules de plumes ont à lutter contre ceci est une autre affaire. Ce ne sont pas des machines, et se poser une minute, pour s’imaginer ce qu’on leur donne comme challenge de tels jours, ne peut que forcer le respect pour ce qu’ils sont capables de faire, pour retrouver un mouchoir de territoire entouré de petit contre-plaqué. L’an passé, le vent était moins visible en arrivant dans le nord parisien, ce qui ne veut pas dire qu’il était absent, mais tout au moins non visible sur les arbres environnant la route depuis le véhicule. Cette année, il a été visible en roulant facilement jusqu’en dessous d’Orléans. La baisse visible du vent était alors compensée par une montée rapide des  températures jusqu’au-dessus des 30°C, et jusque 34-35°C plus à l’est. Elles s’étaient maintenues le long du parcours aux alentours de 25-26°C, déjà bien assez chaud quand il faut lutter aussi dur. Il fallait vraiment une sacré bête pour se taper plus de 800 km d’une traite, ce jour-là.

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Formidable, décevant, instructif, prometteur

Les voiliers de Thibaut auront, quand on regarde la feuille de résultats, fait honneur à leur patron. Son 149 de 2017 finit à un poil de la victoire, doublé le lendemain matin par l’exceptionnelle femelle de Philippe Beau, victorieuse cette année ; déjà 3ème l’an passée. Ce fut un duel entre deux réels extra pigeons, départagés par la durée du temps mort (neutralisation) que nous offrit Assen 2018.  Les voiliers de Balan (69) obtinrent ainsi le brillant résultat suivant parmi les 598 pigeons du classement semi-national : 2 (J0 à 21h36) ; 10 (J+1 à 8h53) ; 15 (J+1 à 11h01) ; 41 (14h22) ; 52 (J+1 à 15h58). Pour moins que cela, on se lèverait tôt le matin pendant un moment.

Malgré cette ‘affiche’ alléchante, il sortira de Assen 2018 avec une petite touche d’amertume : celle d’avoir laissé des voiliers de qualité, dont le vainqueur de Bruxelles international. Sur des courses marathon, le juge de paix est sans pardon, Assen fut un vrai test en ce sens. S’il n’est finalement pas rare que l’on y retrouve en tête des pigeons capables de venir très bien à de courtes distances, tous ceux qui marque le début de saison ne sont, ensuite, pas à même de faire un tel travail. Ça passe ou ça casse, mais vous savez au moins de suite où vous en êtes. Avec des voiliers capables, tout devient plus facile et naturel. Il y a les pigeons qui tiennent et ceux qui ne tiennent pas. Il faut y ajouter bien entendu les inévitables accidents et une très présente prédation, là, qualité ou pas, c’est la fin ; tous les absents ne sont donc pas des voiliers inadaptés. Cependant, quand l’absence se produit sur la lignée, comme on dit : « la messe est dite ».

L’ami Thibaut s’en sort ainsi avec 5 beaux prix, mais de 26 engagés, et surtout, comme pour la plupart des amateurs à l’est du rayon, malgré des pigeons ‘tôt’, un assez fort taux de manquants à l’appel. L’absence de sélection sur la distance  n’y est sûrement pas pour rien ; les colonies jeunes en cette discipline doivent se monter, trouver les oiseaux capables, malgré l’isolement géographique ici, où les pigeons de milieu de tableau, ne se réveillent pas à proximité de leur colombier.

Assen 2018 sera aussi pour Thibaut source d’un bel enseignement : il sait maintenant ce qui est capable de venir en marathon, d’autant que la course finale de cette saison 2018 lui aura fait définitivement découvrir la grande valeur d’une lignée qui peuple ses installations. Le tri est fait, et en ressort un grand espoir est né. Si une part non négligeable de ses oiseaux se sont fait briser par la distance dans les conditions énoncées ci-avant, une lignée s’est montrée au grand jour. Ainsi, sur 5 pigeons engagés de cette lignée, 4 sont au résultat dans les prix par 10. Ils sont responsables des prix suivants parmi les 510 pigeons de la zone marathon : 2 ; 8 ; 13 ; 46. De ce bois, on taille de superbes choses à n’en pas douter. Notez aussi que ces oiseaux ont, durant toute la saison, montré qu’ils savaient venir ‘au prix’ quelle que soit la distance.

97149/2017

Comme écrit plus haut, ce yearling sera le seul à combler les attentes de son propriétaire pour la zone marathon ce soir-là. Il lui a fallu braver le vent et puis enfin la chaleur pour ‘venir’. C’est un réel exploit. Le déroulé très laborieux de certaines courses internationales 2018, avec plusieurs milliers de pigeons convergeant dans le même sens nous rassure quand même que sur le déroulement de nos courses, et renforce la conviction que nos voiliers, notre gestion de ceux-ci ne sont pas ridicules. Si les contingents peuvent prêter à sourir pour certains, il faut s’imaginer que cette poignée de pigeons doit ensuite se répartir sur environ 1/3 du territoire national, en partant de la région Lyonnaise jusqu’à l’Atlantique, avec une profondeur de rayon qui vous fera rouler plus de 4 heures de route. Si vous coupez en deux parties égales la zone géographique par une ligne allant du nord vers le sud, vous retrouvez 25 % du contingent total de la zone marathon sur la zone est. Il faut se détacher et ne pas hésiter à faire de la route en ‘solo’ pour tomber ici. La performance réalisée par le 149/17 tient donc plus de l’exploit que du coup de chance, car dame chance n’est ici d’aucune aide. Il n’est d’ailleurs pas bien certain que le phénomène de masse joue tant que ceci sur d’aussi petits contingents à de telles distances, même si avoir une petite poignée de copains de volée peut ne pas nuire moralement et physiquement. Se protéger ici dans un peloton de plusieurs centaines de pigeons est vraiment exclu.

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Ce fameux yearling 097149/17 a pour père un oiseau que vous retrouverez en premier ou second rang du pedigree des 4 oiseaux cités plus loin : le 1565890/2015. Il est père du 149 (2ème sur Assen, mais aussi de l’excellent 118/16 (tardif - 10ème sur Assen), et de la 125/17 (52ème sur Assen). Il est également le grand-père du 111/17 (15ème sur Assen). Ce pigeon, qui se révèle être un extra reproducteur dès ses débuts de carrière, est un direct Verweij-de Haan. Il a de qui tenir : son père ‘Jack’ 1465809/04 est un fils du super reproducteur ‘Kopie Toon’ (frère du Toon et père de 3 premiers NPO), accouplé à ‘Sjarapova’(1er NPO Bordeaux). La mère du 149/17 est elle aussi Hollandaise, achetée chez Mickael Buik, une Aarden donc, avec des ascendants résolument tournés vers le ‘Dolle’. Que de la très longue distance donc, pour des pigeons qui savent venir dès le début de saison, et se montrer très présents lors de dures confrontations aux longs cours.

Côté prestations et préparations le 149/17 a été enlogé 11 fois cette saison pour finir avec la liste de prix suivante :  25/432 Dijon (22/04 – 159 km) ; 9/462 p Langres (28/04 – 223 km) ; 73/528 p Troyes (06/05 – 283 km) ; 9/318 p Fed Troyes (06/05 – 283 km) ; 87/405 p Epernay (06/05 – 363 km) ; 14/127 p Gray (17/06 – 180 km) ; 43/266 p Fed Reims (384 km) ; il loupé à Gray (01/07 – 180 km) ; 16/95 p Langres (223 km) ; 17/189 p Auxerre (15/07 – 248 km) ; 02/598 p Assen ( 30/07 – 801 km). 10 prix de 11 engagements, chapeau.

Il pourra maintenant jouir d’un poste de choix parmi les reproducteurs, pour ancrer durablement cette lignée magique dans les installations. Que ce soit ici ou dans le nord de la France, car vu le contexte colombophile, notre ami songe sérieusement à revenir aux sources, cette lignée devrait lui apporter du bonheur dans les années à venir.

Les moins chers

Comme la longue distance le titillait d’emblée, Thibaut s’est laissé séduire par une vente internet de pigeons ‘Verweij de Haan’. Un an plus tard, les prix étaient tout autre, mais déjà, il se contenta des moins chers de la vente, ce qui lui fit bien un peu ouvrir le porte-monnaie. De ces pigeons ‘les moins chers’ il sortit de suite du matériel qui savait voler au plus droit vers le colombier, quel que soit la distance. Les 4 pigeons de 5 engagés de cette lignée, arrivés tôt de Assen 2018 ont tous fait une saison 2018 très honorable :

  • Le 097149/17 (fils 890/15) finit la saison avec 10 prix de 11 engagements, dont 9/462 p à Langres (223 km), et 9/318 p à Troyes (283 km) ; son 10ème et dernier prix sera Assen : 2/598 p
  • Le 072118/16 (tardif, fils 890/15), à +/- 18 mois fait cette année un sans-faute, avec 9/9, dont un 10/528 p depuis Troyes (283 km), un 9/121 p à Gray (180 km), un 14/2802 p Bruxelles et enfin un 10/598 p sur Assen.
  • Le 09711/17 (petit-fils 890/15) est lui à 9/10 cette saison
  • La 097125/17 (sœur du 149/17, fille 890/15) finit, elle, avec 7 prix de 9 engagements.

Comme vous pouvez le constater, sur les 4 pigeons évoqués ci-dessus, il y a 3 yearlings et un tardif de 2016. Il serait bien rare que cette lignée ne redonne pas des voiliers qui feront le bonheur de notre ami dans les années qui viennent, d’autant que les géniteurs sont de tous jeunes reproducteurs âgés de 3 ans maximum.

Thibaut doit avoir le nez fin, car si cette lignée sort vraiment du  lot quand il faut travailler dur et longtemps, d’autres ont bien réussi chez lui. Ses début en 14ème région ne sont pas passés inaperçus :

Le cinquième oiseau du lot de 5, qui a quand même marqué les esprits lors de cette édition 2018, est aussi un oiseau rare : alors que beaucoup de pigeons expérimentés, solides, ont posé pied à terre, ce qui n’est pas honteux vu la difficulté du concours, le quatrième ‘tombé’ de Thibaut est une femelle... tardive, avec 3 plumes de nid, bague 097058/2017. Notre ami ne fait, en effet, pas trop de cadeaux. Cela peut faire de la casse, mais quand vous voulez savoir ce qu’ont dans le ventre, les pigeons  introduits, c’est radical.

Malgré de bons oiseaux, il ne faut pas un manchot aux commandes pour arriver à briller ainsi, et sans mise en condition optimale, pas de test valable possible.

Débuts prometteurs

Il faut quand même rappeler une chose : Thibaut a repris des pigeons fin 2015, pour démarrer en 2016 ; Il avait participé pendant 4-5 années à quelques courses dans sa prime enfance jusqu’à ses 12-13 ans dans le nord de la France (et oui, Thibaut est un ‘cht’i’, ce doit être héréditaire ce virus-là). Tout avait été ensuite abandonné pour d’autres occupations moins plumées… Arrivé en  région Lyonnaise depuis quelques années avec un métier en poche, il se dit qu’un retour vers la plume, après un passage par la gomme des motos de courses pourrait être un bon plan. C’est ainsi qu’il se mit en recherche de quelques bêtes à plumes et se monta des installations pour les héberger. L’amitié avec José Delplace joua aussi un rôle catalyseur non négligeable dans cette passion renaissante.

De suite les résultats arrivent, signe de bons pigeons, mais aussi d’une méthode adaptée, d’un ‘feeling’ présent chez l’amateur.

Sur Nijkerk (707 km) ‘contre-la-montre’ du 13/06/18, il finit… 2ème, là aussi. On hésite entre la pouasse et la chance, on pourrait plutôt pencher pour la classe. Il faut quand même le faire, qui plus est, avec une toute jeune équipe et une position géographique pas vraiment favorable sur le papier. Vu l’âge de la colonie, on pourrait bien dire qu’il y a de la marge de progression, mais bon, en finissant deuxième, côté marge de progression, ça reste assez rapide tout de même, et pourtant pas si facile. Il faut alors parfois le petit brin de chance, de classe, qui vous ouvre la porte de la plus haute place. Notre homme est, à n’en pas douter, de ceux qui savent faire venir la chance du bon côté, la marche devrait se monter assez souvent vu ce qu’il a montré jusque-là. Notez que nous sommes ici en présence aussi du vainqueur de Bruxelles international.

La colonie

Elle se compose de 9 couples de reproducteurs, dont 3 ne sont en fait que des éleveurs.

Les origines sont en partie issues de la station d’élevage Natural (Van Dommelen, Sion, Thoné, etc), des Michiael Buik, et des Verweij de Haan, plus quelques pigeons offerts, dont un bon pigeon de Michel Jambon.

Cette année, une centaine de jeunes ont été bagués. 10 ont été envoyés dans des lofts, alors que 10 autres ont été offerts à des amis. Rassurez-vous, les 6 couples reproducteurs n’ont pas produit seuls tous ces pigeonneaux, les voyageurs ont eux aussi élevé des pipants en début de saison.

Les effectifs au voyage étaient de 70 têtes en début 2018 (25 tardifs et 45 ‘vieux’ - yearlings compris) ; après quelques entraînements, ce nombre s’est réduit à 60 paires d’ailes.

Côté tri, les choses sont assez simples : est gardé ce qui reste. Suite aux résultats 2018, un certain tri sera fait dans les reproducteurs pour se centrer sur les lignées qui ont bien donné.

Gestion sportive

Les pigeons sont des athlètes, donc tout comme des cyclistes n’auront de cesse de pédaler, les pigeons pour Thibaut doivent voler.

Les pigeons ont donc eu droit à la volée l’hiver sauf les jours de chasse, soit 5 jours sur 7. Thibaut a commencé les entraînements…. fin février par un lâcher à 30 km. S’en est suivi un autre courant mars à 80 km et un autre fin mars à 90 km +/-. Les entraînements de font au plus simple en prenant l’autoroute, ce qui les emmène un peu à l’est de la ligne de vol. Les pigeons sont ainsi affutés dès le début de saison. Ils feront ensuite la plupart des courses qui pourront être jouées. S’ils ne partent pas une semaine au panier pour une course, alors ils seront systématiquement entraînés à une centaine de kilomètres pendant le week-end. Le but est de les maintenir ‘sur l’aile’, en condition physique optimale. Côté enlogements, peu de cadeaux est fait aux voiliers, ils sont mis très souvent ; par contre, le rythme d’entraînement fait qu’ils sont alors en bonne condition physique et ont ainsi toutes leurs chances. On peut aussi penser également que de tels oiseaux, ont moins de chance de se perdre que s’ils étaient moins sur la brèche, moins en condition. L’absence d’efforts ne mène à rien de bon, alors que le travail reste la clé de la réussite, en pigeon comme pour l’humain.

A la maison, l’entraînement consiste en une volée par jour, qui sera plus poussée à l’approche d’une belle course. Ce peut alors être le jet d’eau, un drapeau ou un jouet de la chienne qui servira à garder les oiseaux en l’air ; le plus près de la main fait en général l’affaire.

Cette saison, suite à la visite avec le MCGC chez Martin de Poorter, les pigeons ont été accouplés en mars pour quelques jours de ponte (les œufs des meilleurs ont été passés sous les éleveurs). Ils ont ainsi commencé la saison au veuvage total à titre d’essai ; de fait, les volées sont mieux. Début mai eu lieu un second accouplement pour élever 2 jeunes pendant 15 jours ; ensuite, un des jeunes a été enlevé ; ceux des meilleurs voiliers sont passés alors à nouveau sous les reproducteurs et éleveurs. Les pigeons ont pu ensuite repondre pour avoir des jeunes éclos de quelques jours sur Osnabrück et Bruxelles de début juillet. Tout a ensuite été enlevé pour avoir des œufs sur Assen. Le problème reste la mue qui avance. L’an prochain, le second accouplement sera effectué en juin pour retarder la mue un maximum.

Suite à Assen, qui aura clôturé la saison 2018, les pigeons ont pu élever 2 jeunes, le couvage suivant se fera sur les œufs en plâtre pour laisser les oiseaux se reposer un peu. Fin octobre, ils seront désaccouplés pour passer l’hiver en célibataires.

Nourriture, produits

Quand il a décidé de reprendre des pigeons, Thibaut a commencé par beaucoup lire. Il s’est ainsi forgé certaines convictions qui lui ont permis d’établir une ligne de conduite simple et efficace. Nous l’avons vu, pour lui, un sportif doit s’entraîner. Ceci semble réussir. Un athlète doit aussi avoir des apports nutritionnels adaptés, et optimum. Ceci ne veut pas dire trop conséquents. Il faut sûrement veiller à ne pas surcharger le foie, les reins : en tout, le trop nuit, ne dit-on pas ?

Côté nourriture, il a épluché les compositions des différents mélanges proposés par les firmes, et a  finalement choisi de nourrir ses voyageurs avec le mélange qui lui est apparu comme un des plus complets du marché, avec ses 36 composants : le ‘Variamax’ de la firme Mariman®. En début de saison, il y ajoute un bon 50 % d’orge. Ce taux d’orge passe ensuite à 30 % vers le milieu du mois de mai. Les oiseaux sont nourris deux fois par jour et doivent tout finir. Ils ont, par contre, leur repas avant de sortir pour mieux voler. La rentrée s’accompagne alors de petites graines.

Les jours avant une course, un complément de maïs, chanvre et de colza est ajouté à la ration, dont l’orge disparaît. Un bon repas est ainsi donné pour les étapes de 100-150 km ; 2 bons repas pour les 250 km, et 3-4 bons repas pour les étapes de plus de 300 km. C’est alors à volonté dans un petit pot au casier. Au retour, du bon mélange est donné (Variamax 100 %).

Pour charger les soutes à carburant, il saupoudre les rations des 3 derniers jours avec un mélange de sa composition : 30 grammes de Gouda est additionné à 60 grammes de cacahouètes (de bonne qualité-attention aux moisissures) et à 10 grammes de graisse de mouton (Herbots®). Le tout est mixé de façon à ce qu’il reste tout de même quelques morceaux et mélangé au grain. Les quantités données ci-dessus sont données pour un kilogramme de grain.

Avant la reprise des entraînements, de l’iode est donnée dans l’eau de boisson (lu dans le livre de Victor Vansalen ‘Les champions révèlent’), à raison de 25 gouttes par litre d’eau.

Des vitamines sont assez peu utilisées, ceci arrive cependant juste en préparation d’une grande course ou suite à un traitement. Le produit ‘Vitavil aminé’ des laboratoires ‘Biorven®’ est alors donné sur un repas.

Assez rarement sont données aussi huile d’ail et levure de bière.

Une chose à laquelle Thibaut reste vigilant maintenant est l’apport en sel. Il s’est aperçu de l’effet bénéfique sur ces voiliers d’une petite cure d’apport salé. Depuis, c’est quelque chose qu’il pratique régulièrement. Faire un apport non modéré en cas de carence peut emmener vos oiseaux, qui vont alors se jeter littéralement dessus à une intoxication. Il pratique maintenant suivant les indications du Dr Lefèvre : 1 cuillère à café de sel par litre d’eau pendant une journée par semaine sur deux semaines ; ensuite vous pouvez mettre du sel à disposition de vos pigeons sans risque pour leur santé. Cet apport peu vous surprendre en ‘regonflant’ littéralement vos oiseaux. Tout est question d’équilibre, entre le ‘trop’ et le ‘pas assez’.

Côté traitement, là aussi, tout est question de mesure. Certainement là aussi, le trop nuit autant que le ‘pas assez’.

Avant saison, en mars les pigeons sont traités 5 jours durant contre trichomonose et coccidiose. Un rappel a été effectué 15 jours avant la course d’Osnabrück et ensuite 15 jours avant Assen.

En saison morte, quand les pigeons seront découplés, il va cette année faire un traitement de 10 jours contre le paratyphus.

Quand tous ont mordus la poussière…

Voilà donc pour l’histoire du 097149/2017 de Thibaut Enguerand, qui nous aura fait nous gratter la tête et espérer avoir, nous aussi, le soir du 30 juillet 2018, un pigeon de retour d’Assen 2018 le soir même en marathon. Nous nous sommes arrachés les yeux en vain jusqu’à l’obscurité. Alors que nous touchions les draps, l’esprit entre Assen et nos installations, Thibaut, réellement colombophile depuis 2 saisons seulement, lui, en avait un. Quelle émotion qu’une telle chose. Quoi d’autre que ces courses marathon parfois dantesques pour nous faire vivre de tels moments.

Quand tous ont mordus la poussière et que vous êtes là, devant votre oiseau, submergé par l’émotion que peut susciter un tel exploit. Quel beau moment que ce moment.

Reçois, mon ami, par ce texte, toutes mes félicitations pour ce moment magique que tu as su t’offrir et nous offrir aussi, car il sera source de rêve et d’espoir à l’avenir pour beaucoup d’entre nous. Bravo !

David Chassagne, août 2018