MARATHON CLUB DU GRAND CENTRE

             "Des pigeons d'exception pour des hommes de passion"

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‘As’ de Nicolas Hamet, bague matricule 244491/2013 ne porte pas son nom par hasard, c’est un pigeon particulier, un ‘as’, vraiment. Disons-le, joué en Belgique ou en Hollande, bagué donc d’une autre nationalité, il aurait fait la fortune de son propriétaire. Pourtant, il est passé inaperçu pour de nombreux colombophiles.


La France colombophile

Notre journal tricolore nous a offert un classement 2017 des as pigeons internationaux sur 5 années, revue N° 316, page 10 & 11. Vous pourrez y avoir un aperçu de la qualité des voiliers tricolores, avec notamment les deux stars que sont ‘Pépite’ de Philippe Odent et ‘Frapadingue’ de la famille Pocholle. Ligne 31 de ce classement, vous pourrez trouver un pigeon qui m’a très rapidement attiré : des nombres à deux chiffres quasi partout (chiffre inférieur à 100), avec à la clef 8 prix sur ces 5 dernières années.


Sauf que

Sauf que ‘As’ est de 2013 et n’a donc pas été enlogé en 2013 sur les internationaux. En 2014, yearling, il est resté hors des joutes internationales. Il n’a finalement pu défendre ses chances dans ce classement que depuis 2015, année de ses premières participations ; il a alors deux ans.

As Nicolas Hamet
Bonne bête

Quand vous lisez ce classement avec la mise en place de ce filtre de raisonnement, les choses changent. Notre oiseau est en fait l’auteur de 8 prix de 8 engagements en 3 années ; bien, bonne bête. Et puis, le truc c’est que ces nombres sont essentiellement des nombres à deux chiffres ; ben oui, des tops 100 nationaux, comme on en voudrait bien un peu : 5 tops 100 nationaux sur 8 prix de 8 engagements en courses internationales. Qui peut présenter un tel palmarès ? Imaginez la bête baguée belge ou ‘NL’ avec un palmarès comme ça : 8/8, 5 tops 100 sur 3 ans, d’autant que les contingents tricolores sont assez conséquents.


2015

Premier engagement sur Saint Vincent et premier pas vers la ‘top 100 collection’ : 43ème de 2 705 pigeons ; bon classement, sur une course sélective (1er prix : 1 084 mpm). Fin de saison vient Perpignan où le vainqueur vole 1 096 mpm ; le pigeon 491/13 vole là un nouveau top 100 : 51ème de 3 846 pigeons. C’est là vraiment que l’attention de Nicolas Hamet est attirée par ce pigeon, un second joli prix consécutif pour la première saison ‘inter’, et sur Perpignan, il est la seconde annonce du dépôt derrière un fameux ‘mec’: ‘Invictus’. Pas mal, d’autant qu’il a été signalé une demi-heure après avoir été constaté électroniquement et a ainsi perdu sûrement pas loin d’une dizaine de place…

Il termine ainsi sa saison 2015 avec un classement de 11ème as européen 2 prix sur les internationaux. Un premier pas dans la galerie des As.


2016

C’est l’année où il faut confirmer, tenir le coup pour attaquer sur la durée, faire la différence entre l’étincelle de l’allumette qu’on craque, qui s’éteint de suite, et le feu qui brûle durablement, vous consume sur la durée. Il attaque la saison au plus tôt, dès Pau. Le premier prix s’emporte à 1 193 mpm ; le 491/13 vole la 39ème place parmi 2 861 pigeons. Nous en sommes à 3/3 dont 3 tops 51 nationaux.

Suit Saint Vincent qui se gagne à 1 300 mpm, c’est une des moins bonnes constatations de ‘As’ : 177ème face à 3 379 pigeons. Sur le Perpignan suivant où le vainqueur vole à 1 180 mpm, ‘As’ qui commence à trouver son nom, finit 29ème parmi 3 333 pigeons. Cette seconde saison est donc une saison de confirmation, il finit 3ème As pigeon du Club des Internationaux Français.

2017

Pour sa troisième saison, il attaque à nouveau par Pau international. Ce sera son moins joli prix à ce jour : 203ème sur 3 748 pigeons ; vitesse du premier prix national : 1 264 mpm. Vient ensuite Saint Vincent qui s’emporte à 1 143 mpm. ‘As’ y réalise son cinquième top 100 national avec le 70ème prix parmi 4 163 concurrents.

Perpignan est la dernière joute annuelle internationale et aussi source du dernier classement de cette série. Le 153ème prix de 4 192 pigeons y sera glané. Ce sera aussi la première fois de sa carrière que ‘As’ va découcher. Peut-être peut-on donner à ce magique voiliers l’excuse de n’avoir vu son maître la semaine avant l’enlogement (parti en vacances). Quoiqu’il en soit, Nicolas en fut quitte pour une belle frayeur, car il s’est bien entendu tenu informé des prestations de ses voiliers, et l’absence du joyau de la colonie n’était pas passé inaperçu le premier soir. Heureusement que le lendemain allait, avec ce huitième prix, apporter un soulagement certain.


Pour ces 3 années bien fournies, ‘As’ remporte les titres suivants :
- 1er as pigeons CIF Perpignan 3 années 2015-2016-2017.
- 2ème As des As international sur 2 années 2016-2017.
- 4ème As pigeon CIF Saint Vincent 2015-2016-2017.


244491/2013

Le père de notre sujet est un pigeon Belge, bague B-3081939/2006, égaré qui s’est rendu chez Nicolas en 2012. Son signalement auprès de services de la RFCB n’ayant rien donné, il fut libéré et resta sur place.

La mère est, elle, une directe femelle de chez Roger Tantart, de la lignée du célèbre ‘Nordiste’. Elle a sa petite histoire : Nicolas a repris des pigeons en 2012. A cette occasion, Roger Tantart promis de lui offrir un couple de pigeons pour l’aider.

Par principe, Nicolas se rendit cette année à une vente organisée par Mr Tantart. Une petite femelle, pas encore assez mature pour intéresser les acheteurs venus ce jour allait lui taper à l’œil. Il n’en fit pourtant pas l’acquisition malgré un prix des plus dérisoires pour sa lignée d’origine : 50 €. Contact fut pris peu de temps après avec Mr Tantart pour venir chercher le couple offert. Il fut alors question de cette petite femelle délaissée par les acquéreurs ; Nicolas en fit l’acquisition pour 50 € en emmenant le couple offert. Et c’est cette petite femelle qui est aujourd’hui la mère de ‘As’, fruit de plus d’un accouplement voulu par le hasard.

Un père égaré, offert par l’ancien propriétaire par absence de réponse, une mère rescapée d’une vente et acquise 50 € pour un tel pigeon. Ce n’est pas mal.

Nous ne saurons jamais si c’est pour cette raison que ‘As’ est un pigeon discret. S’il était humain, son propriétaire le désignerait d’ailleurs par le qualificatif suivant : ‘humble’.

Le 491/13 est en effet un pigeon un peu transparent au colombier. Logé dans un casier du bas, il n’a jamais mis de bazar pour monter grappiller les étages supérieurs. Il reste attaché à son casier d’origine, avec quand même un petit penchant pour étendre son territoire sur le plancher, mais sans plus. Ainsi, il est très attaché à son casier ; c’est un pigeon qui fait un gros nid quand il y est autorisé. Suite à sa saison 2015, une compagne plus à même de procréer une bonne progéniture a été donnée ; est-ce ceci qui l’a un peu plus motivé, mais la saison suivante il a fait prix en vitesse et demi-fond, chose qu’il n’avait jusqu’alors pas fait, pas plus qu’il ne s’était fait remarqué sur un St Rambert du Calc auquel il avait été aligné en yearling (2014).

Il n’est donc pas vraiment le pigeon qui tape à l’œil au colombier. En main, c’est un pigeon moyen en gabarit, avec une bonne ventilation, un bras court. Il est assez musculeux, sans être extravagant ni donner une impression de puissance. La plupart de ceux qui l’ont pris en main sans savoir qui il était avant ne l’ont pas ‘sorti’ du lot. A la volée par contre il est un voilier courageux qui n’hésite à repartir seul en l’air.

Il est vrai qu’il vaut mieux, pour de tels résultats, être fougueux au boulot qu’à la bagarre.


2018

Cette année fut une année de récompense, notre star des marathons internationaux fut mis en reproduction. Contrairement à ce qu’on pourrait penser, il n’est pas sûr que ‘As’ en fut si satisfait : Il a ainsi lâché son casier tant aimé, de même que son plus grand plaisir : voler. Il ne semble finalement pas si épanoui que cela dans son casier de reproduction ; fendre l’air doit sûrement lui manquer…


2019

Nicolas a bien envie de faire plaisir à ‘As’, il lui a donc redonné son casier pour le remettre en route l’an prochain.

L’objectif est de voir si ‘As’ est de la trempe des champions ; peut-on en douter ? Par contre il est vrai qu’en continuant sur sa lancée il pourrait acquérir des galons supplémentaires, obtenir enfin une reconnaissance plus que méritée et rentrer dans la catégorie fermée des voiliers comme ‘Pépite’ (5 tops 100), et ‘Frapadingue’.

Il y a fort à parier qu’une telle chose va arriver pour les marathoniens français aux vues des prestations des voiliers tricolores ces dernières années.

‘As’ est sûrement né un peu tôt pour avoir la reconnaissance qui aurait pu, dû être la sienne. Peut-être sommes-nous obnubilés par les premiers prix, alors qu’un petit peu en retrait se cachent de supers athlètes qui souvent, plus sûrement qu’un premier prix unique pourra assurer l’avenir de la colonie de leurs heureux propriétaires.

Souhaitons à Nicolas de constater encore 3 fois ‘As’ pour la saison prochaine de bonne heure, souhaitons-leur à tous les deux, même si cela fera plus plaisir au propriétaire qu’à l’athlète ailé d’obtenir le respect que l’on peut escompter devant de telles prestations.


Bon vent à tous les deux,

David Chassagne, Juillet 2018