MARATHON CLUB DU GRAND CENTRE

             "Des pigeons d'exception pour des hommes de passion"

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NIJKERK CONTRE LA MONTRE MCGC 2019


C’est Geoffrey Billy, jeune et talentueux amateur tourangeau qui remporte, haut la main, la troisième édition du Nijkerk contre-la-montre organisée par le Marathon Club du Grand Centre.


Contre–la-montre

Comme les deux précédentes, cette troisième édition a consisté en un lâcher ‘amateur par amateur’, chaque colombophile participant ayant la possibilité d’engager une équipe de 2 voiliers dans la panière qui lui était dévolue. Pour ce troisième opus, 47 équipes étaient alignées, pour parcourir en duo (au départ tout au moins) entre 630 et 850 kilomètres, depuis Nijkerk en Hollande jusqu’à un vaste centre France. Les lâchers se sont succédés rapidement, l’expérience des années précédentes aidant.

Prévu initialement le lundi 10 juin, la course a finalement eu lieu le dimanche 9 pour cause de temps tout aussi beau qu’inattendu sur la ligne de vol. Bien en a pris les organisateurs car l’épreuve s’emporte à 1117 mpm pour 630 km, signe que les choses se sont plutôt déroulées sous de bons hospices pour nos amis ailés.

Des 93 pigeons participants, 15 ont d’ailleurs pu dormir dans leur colombier le soir même, 3 amateurs avaient alors leurs 2 engagés. Les prix par 4 ont été distribués avant 8 heures le lendemain matin.


Avec la manière

L’ouverture des constatations s’est faite par le vainqueur, Geoffrey Billy, qui constate son 182778 de 2015 à 18h03’46‘’. Geoffrey a eu à peine le temps de regarder la contremarque, que se posait le 374508 de 2013. Concours bouclé, avec s’il vous plaît, au final les deux premières places. S’en serait presque frustrant de rapidité quand on attend une course comme celle-ci, mais bon, on s’y ferait plus que de refermer la trappe le soir sans une plume de tombée…

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Finalement, aucun participant ne pourra dépasser les respectivement 117, 119 et 1109,686 mpm réalisé par notre ami. Nous aurions pu attendre, à ces vitesses, un point plus lointain passer devant, mais les 2 voiliers ont déposé la concurrence, laissant un bon 46 mpm entre eux et le troisième pigeon de l’épreuve, celui de Akid Adil, fidèle compère de Geoffrey, et à encore 3 mpm plus loin le pigeon de Jean-Michel Duflou, à 1060 mpm pour 779 kilomètres. Cette victoire ne souffre pas de regrets pour les suivants, il n’y avait, ce 9 juin, rien à faire contre ces 2 voiliers en route vers le succès. Il faut dire qu’ils évoluaient à une distance qui leur était propice, et sur laquelle la colonie Billy a déjà engrangé de beaux succès.


182778/15

Ce mâle de 4 ans n’en est pas à son coup d’essai, il a déjà des coups de paniers dans les ailes, il a ainsi participé à 4 Assen (2017 : 108/499, 2018 : 88/598, 2019 : 95/505) et 2 Osnabruck. Il est de couleur ‘meunier’, héritage d’un aïeul anglais rouge brique, dont la couleur ressort de temps à autre. Le sang qui coule dans ses veines est pour l’essentiel issu d’ancêtres estampillés ‘Janssens’, sang qui est vraiment le fil rouge dans la colonie de Geoffrey.

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Notez qu’il avait été engagé à Assen à 1 an ; il n’y avait pas crevé l’écran, mais était revenu, est-ce pour ceci qu’il a besoin d’une certaine distance pour s’exprimer. A 2 ans, il avait attiré l’œil de son propriétaire en finissant à la toute tête d’un Toulx Fédéral (9ème région). Pour les fédéraux 2019 : Troyes 65/721, Toul 31/667 et Luneville 60/440. Depuis s’enchainent les prix de tête ou… les retours après 2-3 jours. Ainsi, le début de saison 2019 a été particulier, car il est revenu 3 semaines après d’un entraînement à 80 km. Et oui, notre lascar est un spécial, s’il est motivé il peut casser la baraque, sinon, la chose tourne à la promenade tranquille. Engagé sur 2 gros jeunes et en chasse à nid, pour Nijkerk, il a sorti les muscles. Depuis 2 saisons, sa femelle est une vieille de 2003 qui n’arrive plus à sortir quelque chose de dur de son arrière train, si bien que Geoffrey n’en a seulement pas de descendant. Gageons que cette lacune va être rapidement comblée.

Sa sœur, la 182753 de 2015, a un parcours identique en grandes distances, mais a loupé sur Assen 2019. Elle est par contre la mère de la 725 de 2017 qui fini 5ème de 1 351 p. Amsterdam 2019.

Notez aussi qu’après 6 jours de repos, le 778/15 est reparti pour le fédéral de Lunéville où il glane à nouveau une place dans les 40 premiers. Pour Geoffrey, la formule du contre-la-montre use moins les pigeons, car ils peuvent y voler à leur rythme, sans être tirés par d’autres voiliers. Vu le résultat, on en arrive à se demander si ce ne seraient pas les autres qui en auraient pris un coup dans les ailes en suivant le 778, comme le 503/13 de Geoffrey, qui, pourtant parti premier marqué, s’est vu infliger 4 minutes de retard sur ce parcours de 630 km.


La colonie

Elle se compose d’une grosse cinquantaine de pigeons, dont 30 à 35 unités pour les courses et 20 à 25 jeunes par an. Il n’y a pas à proprement parler de couples reproducteurs, mais plusieurs voiliers en retraite après une carrière bien remplie, font office de partenaires et produisent des jeunes.

Côté origines, une grande partie est basé sur des Janssens via Hétru, notamment au travers de la descendance d’une femelle issue du couple acheté, qui est encore aujourd’hui la vraie base du colombier. S’ajoute à ceci une paire de pigeons de diverses origines, comme un pigeon anglais, qui, signalé a pu rester sur place, ou encore, plus récemment un pigeon d’origine Aarden qui fera semble-t-il souche. Ceci a formé une souche de pigeons tenaces, qui ne lâchent pas et savent, jusque 700 km venir chercher la gagne, pour ceux qui tiennent au fil des années. Au-delà, quand le temps est vraiment dur, les choses se compliquent pour tomber le soir même, mais leur mordant naturel les fait débouler le lendemain matin de bonne heure. Ils ont cependant besoin d’un peu de kilomètres pour s’exprimer, nous pourrions les définir comme de bons voiliers de demi-fond/fond.

Les installations sont composées d’un colombier de 4,5 mètres sur 2 de large, nanti de 3 compartiments (28 casiers en tout), auquel s’accole une volière de 2 par 2. Tout est en libre accès pour tous, jeunes compris.

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Management

Les pigeons sont joués au naturel. C’est un jeu qui demande de l’attention, mais qui, comme on le voit ici, peu vraiment payer.

Habituellement, les couples sont formés le plus tard possible, pour avoir une ponte vers le mois d’avril. Chaque couple est autorisé à élever souvent un jeune, parfois deux, selon comment les choses tournent. Les tours d’après ne seront pas forcément poursuivis de l’élevage d’un jeune. En fin de saison, les couples sont séparés assez tard, vers octobre-novembre habituellement. L’an passé, faute de temps, les pigeons sont restés ensemble pendant la période hivernale.

Ce système permet aussi de connaitre ses voiliers, les positions les plus favorables à chacun d’eux. Le point faible reste la perte de l’un des deux éléments du couple ; s’en suit pour le mâle notamment une période peu propice, en attendant de retrouver une partenaire adéquate. De même, la chasse à nid peu user nerveusement un voilier d’expérience et apporter de sérieuses déconvenues.

Pour les volées, les choses sont faites au plus simple, pour cause d’activités professionnelles prenantes. Le matin, vers 6 h 30 - 7 h, les pigeons volent 20 minutes à demi-heure. Le soir, ils sont relâchés à 17 h en rentrant du boulot. Ils sont libres ensuite, jusqu’au soir, de faire ce qu’ils veulent ; ils en profitent pour picorer tout ce qu’ils peuvent avoir besoin dans le jardin. Ils en profitent aussi pour reconnaître leur environnement, se confronter à la réalité naturelle. Ce moment est aussi important pour avoir des oiseaux heureux, cette base de bien-être jouant un rôle positif non négligeable pour la mise en condition, et donc les prestations à venir ensuite.

Aucun pigeon en bonne santé n’est éliminé, ce qui rentre est conservé, mais remis pour une autre course. Ainsi, les faibles finissent par disparaitre quand même, car il ne s’agit pas de plomber les effectifs avec des oiseaux incapables de gagner leur croûte.

Les pigeonneaux ne sont pas joués, mais entraînés après la saison jusque 100 km selon le temps disponible, pour écrémer un peu avant l’hiver.

Les yearlings sont joués au feeling ; certains ont participé ainsi à Amsterdam (630km), voir Assen (746 km). Parfois, certains sont épargnés, ce qui peut aussi déboucher quand même sur certaines déceptions.

Les vieux pigeons, eux, sont joués aussi au feeling. Il arrive qu’un pigeon montre que l’année s’annonce maussade niveau condition, motivation. Notre vainqueur, en bon amateur au naturel, fin observateur respecte alors le signal envoyé, pour peu que le voilier en question en vaille la peine. Ceci peut ainsi déboucher sur une année sabbatique.

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Côté nutrition, le choix de Geoffrey s’est porté sur les aliments de la gamme Beyers. Les voiliers sont nourris d’un mix de différents mélanges : Sport Light Galaxy, élevage, dépuratif et Success Corn (VLA). Les proportions varient « au filling », selon les courses du moment, avec un complément de maïs et de mélange élevage. Quand la distance allonge, le complément de ration est donné au casier des voiliers en partance. Au retour, le mix est composé de +/- 50 % dépuratif, 50 % élevage que vient compléter un peu de sport Light Galaxy pendant 3 à 4 jours. Pendant cette période, ils ont aussi de l’huile d’ail et de la levure de bière sur le grain.

S’ils ont eu un peu de vitamines de temps en temps sur le grain, les voiliers de Geoffrey n’ont pas eu cette année d’huile de foie de morue, ni de thé. Ils ont eu droit par contre à de l’ail dans l’eau de boisson. Ils ont d’ailleurs rarement de l’eau pure ; des végétaux frais, tels de la sauge, du thym, et autres plantes du jardin se retrouvent ainsi dans l’abreuvoir.

En entame de saison (mars), un traitement contre la trichomonose (Trichorex®) est donné pendant 5 jours, avec un rappel de même durée début juillet. Alors que le premier traitement n’a pas été réalisé cette saison, celui distillé début juillet a bien boosté les voiliers. Contre la coccidiose, rien n’est fait, les colombiers étant bien secs. Les voies respiratoires sont tenues dégagées via l’utilisation d’un aérosol composé d’huiles essentielles (trouvé sur internet), à raison d’un millilitre pour 2 à 3 litres d’eau, vaporisé tous les 15 jours.

Pendant la mue, un mélange « de saison » est utilisé, additionné de lin, tournesol, petites graines. Ils reçoivent alors aussi des vitamines, ce n’est pas le moment de laisser tomber les oiseaux dans cette phase importante.

Le bain est aussi à ce moment donné plusieurs fois par semaine. Notez que notre ami accorde une importance à la fréquence des bains : en saison, il ne donne pas plus d’une fois par semaine pour ne pas activer trop la mue de ses protégés. Il lui semble qu’un apport fréquent de bain en saison pourrait avancer la mue ; à méditer. En parallèle, durant la saison, l’élevage d’un jeune met plutôt en pose le phénomène tant redouté par les amateurs de grand fond soucieux de garder leurs voiliers en bonne plume jusqu’à la fin juillet.

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L’hiver, au mélange élevage et sport light galaxy utilisé en saison, est ajouté de 50 à 75 % d’orge. En parallèle, de la paille est répandue au sol pour minimiser le nettoyage des installations.

Voici donc ce qu’il en est de notre vainqueur 2019 du contre-la-montre depuis Nijkerk en Hollande. Geoffrey manage son équipe avec une sensibilité basée sur une observation avisée de son équipe. Sa méthode va s’en nul doute de pair avec l’établissement d’une relation étroite entre le colombophile et ses voiliers, gage, comme il nous l’a prouvé, de réussite lors des courses convoitées. Il termine d’ailleurs la saison 2019 avec le titre de 1er au championnat fédéral 9ème région au premier tombé.

Il manque encore un poil de fond d’endurance à ses fidèles coursiers pour truster les places d’honneur sur les distances plus importantes. Il possède une équipe de voiliers tenaces, qui savent se donner jusque 700 km, la marche devrait donc vite être franchie avec une paire d’introductions adéquates pour amener la pichenette manquante. Ce devrait être fait rapidement vu ce que notre ami sait faire dans son créneau actuel.


Un grand bravo Geoffrey pour cette démonstration, bon vent pour les saisons à venir, avec, à n’en pas douter, de belles choses sur les longues distances.


David Chassagne, août 2019