MARATHON CLUB DU GRAND CENTRE

             "Des pigeons d'exception pour des hommes de passion"

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Ce sont 32 équipes qui auront participé à cette première édition du Championnat Français Marathon par Equipe organisé conjointement par le CIF et le MCGC. Les co-équipiers avaient, cette année, 6 courses - 3 chacun - pour tenter de distancer la concurrence. Les courses de Pau, Barcelone et Narbonne étaient jouées par l’équipier du CIF tandis que celles de Nijkerk, Osnabrück et Assen l’étaient par celui du MCGC.

Chacune de ces courses faisait, pour l’occasion, l’objet d’un classement interne aux 32 participants. Le premier amateur empochait 1 point, le second 2, etc… ; un classement ‘hors prix’ ou une ‘non-participation’ à la course rapportait 32 points.
Il ne fallait pas faire de ‘faux pas’ pour l’emporter et, à ce jeu-là, l’équipe numéro 11 composée de Marcel Loquet (CIF) et de Joël Michenet (MCGC) a été, cette année, la plus forte. Ils remportent cette première édition de brillante façon, avec un cumul de 41 petits points. L’équipe 9 composée de Gérard Ledoux (CIF) et d’Amiri Makhroum Abderrhim (MCGC) finira, elle, 15 points plus loin, ce qui est aussi une belle performance, devançant ainsi l’équipe 20 composée de Frédéric Duhamel (CIF) et Cristian Boros (MCGC) qui totalisera 61 points.

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Pau-Nijkerk

Les choses ont débuté par le contre-la-montre de Nijkerk du MCGC, libéré le 13/06/18. Joël avait engagé une équipe de 2 mâles lâchés ensemble et une distance de 658 km. Son premier tombé sera le 075993/2014. Il arrive le lendemain matin à 9h02, bon pour ramener 12 points à son équipe. Ce pigeon d’origine Hétru-Bricoux-Thoné avait fait auparavant, comme les autres voiliers de Joël 3 entraînements société (60 – 80 – 100 km) puis 3 petits concours (Gazeville – 150 km le 06/05 ; Angerville - 164 km le 13/05 ; Sens – 202 km le 20/05) pour y faire 2 prix. Il était ensuite resté au colombier jusqu’à son départ pour Nijkerk (NL). Il avait déjà fait l’an passé Osnabrück et Assen, mais restera cette année sur la route d’Osnabrück.

Le 18/06/18 était libéré Pau international. Marcel Loquet y joue 809 km. 10 de ses voiliers y sont partis. C’est son premier marqué, le 413338/2015 qui tombe en premier, à 19h53, bon pour une vitesse de 1046 mpm. Ce sera un petit point ramené au sein du championnat, car Marcel, sur ce coup frôle la timbale nationale en engrangeant la seconde place parmi 3830 pigeons français, à 14 petits mpm du premier. Sur le plan international, ceci se soldera par une sixième place internationale. Les choses auraient pu plus mal commencer. Ce voilier de seulement 3 ans est de la souche que notre champion a su se constituer depuis 20 ans, avec pour base les Robert Ben (F), Etienne Devos (B) et Kuypers (NL). Ce pigeon avait déjà l’an passé rempli de brillante façon son contrat en réalisant un 3/3 sur des épreuves internationales. Cette année il fera, suite à Pau, une magnifique 25ème place parmi 3076 pigeons sur Saint Vincent national et fera à nouveau prix, mais plus tard sur Perpignan, soit, en 2 ans un 6/6 dans les internationaux. Avant Pau, il aura, comme les autres voiliers de la colonie, été lancé sur une paire de courses de vitesse, suivies de 2 courses de demi-fond (280 – 300 km) avant de peaufiner la préparation sur des épreuves du CALC (5 – 600 km). Ici Saint Junien et Bergerac. Notez que le 338/15 fini 3ème As pigeon national plus de 750 km.

Suite à ces deux courses, notre tandem, avec 13 points au compteur, est déjà à l’avant-poste juste derrière l’équipe 12, composée de Philippe Odent (CIF) et de Thierry Fauconnet (MCGC), qui prend la tête avec seulement 8 petits points. Rien n’est encore joué car plusieurs équipes sont tout près ; le challenge prend tournure.


Barcelone-Osnabrück

Le 03/07/18 était libéré Osnabrück, organisé par l’UCML, 789 km pour Joël Michenet. Il y avait aligné 3 pigeons. Son pigeon ‘Boree’, 129542/2015, se fait officialiser à 21h03, soit une vitesse de 888 mpm et une magnifique 4ème place parmi 532 pigeons. Le premier s’emporte à 987 mpm. Ceci lui permet de faire partie des 1 % de voiliers qui pourront regagner leurs pénates le soir même du lâcher. Chapeau, d’autant que cette performance permet de boucler la course avec seulement 3 petits points dans la musette pour l’équipe 11. Ce voilier est issu d’œufs que notre ami a été glaner suite à un lâcher de pigeons Allemands vers chez lui. La seule chose qu’il en sait est donc que les parents sont ‘d’outre-Rhin’. Un autre pigeon issu de ce ‘ramassage’ est d’ailleurs lui aussi un voilier qui se défend bien dans les installations. Comme les autres, il avait eu droit aux entrainements de début de saison, suivi des 3 courses de vitesse puis de 2 demi-fond (Reims - 330 km et Arras – 400 km). Il finira par contre juste en dehors des prix sur Assen qui suivra.

Le 07/07/18 est libéré Barcelone. Marcel Loquet, sur cette course mythique de 1000 km pour lui, a mis 6 pigeons. Le 299405/2012 déboule le lendemain à 13h33, bon pour une 79ème place parmi les 2904 voiliers du contingent national. Sur cette course qui n’aura pas été non plus une ballade de santé, notre ami engrange seulement 5 points pour le challenge. Ce voilier est lui aussi de ‘l’ancienne sorte’, comme celui de Pau. Agé de 6 ans, il a fait ses preuves pour garder sa place. S’il sera relancé encore l’an prochain, il a cependant été épargné en 2018 et n’a pas été remis pour Perpignan, suite à ce Barcelone très éprouvant. Cette pénible saison 2018 aura fait réfléchir notre ami, en lui faisant comprendre qu’il est parfois plus sage de ménager sa monture si les conditions sont dantesques. Nos voiliers ne sont pas des machines, mais bien des êtres vivants, avec les limites que ceci peut sous-entendre quand on vise le long terme.

Notre équipe 11, auteure du plus petit score sur ce second jumelage de courses, s’installe déjà, suite à ces 2 courses, en première place du championnat. L’équipe 9 s’installe, elle, en deuxième place avec un score de 14 points, soit le quatrième meilleur score de ce deuxième rendez-vous. Sauf ‘faux pas’, ces deux équipes semblent déjà bien installées en tête, alors que pour certaines équipes, les choses se sont compliquées.


Narbonne-Assen

Le 27/07/18 est libéré Narbonne international. Marcel Loquet y enlogera 13 pigeons, pour un parcours de 809 km. Son 245754/2016, deuxième marqué, ouvre le bal à 20h53’. Ceci permet à nouveau à son heureux propriétaire une jolie place au national, avec un 29ème prix parmi 2738 pigeons, ainsi qu’un apport de seulement 5 points à son équipe. Ce voilier très prometteur de seulement 2 ans en était à son premier engagement en international ; il vient d’un ami : David Roche et est de souche Etienne Meirlaen (B). Pas forcément dans les meilleurs standards manuels de son actuel propriétaire, ce voilier a, par contre, une vraie belle aile. Il avait, avant ceci, passé la saison sur les épreuves de CALC, où il n’avait pas loupé son prix. Il sera cette année d’ailleurs que cet oiseau empoche le titre de 7ème As pigeons 500 – 750 km national 2018. Notez que pour Marcel, Mr Meirlaen est un des tout meilleurs en Europe, avec souvent 70 à 80 % de prix dans les joutes internationales.

Reste alors, pour clore ce championnat, à assurer à nos compères sur la dernière course de la saison : Assen. Les paniers s’ouvrent le 30/07/18. Joël y enloge 11 pigeons. Les choses sont là aussi assez compliquées, et le premier prix ne s’enlèvera qu’à 881 mpm pour 875 km le lendemain matin. Le premier voilier de Joël, la femelle ‘Eole’, 318022/16, se présentera elle aussi le lendemain, à 14h56, après 772 km d’efforts. 52ème prix du classement semi-national, elle rapportera 15 points à son équipe. Pas la panacée, mais encore assez pour conserver l’avance engrangée jusque-là. Cette jeune femelle est elle aussi issue d’œufs glanés sur un lieu de lâcher (en accord avec les convoyeurs). Ce fut cette fois sur un lâcher Hollandais proche de son domicile. En 2018, elle a fait le même programme que les copains du colombier. N’ayant pas été engagée sur Osnabrück, elle a participé en attendant à plusieurs autres épreuves de demi-fond (Reims – 330 km, Arras – 400 km, Zuydcoote – 470 km).

Voici comment nos compères, Marcel Loquet et Joël Michenet, auront remporté de brillante façon le premier Championnat Français Marathon par Equipe.

Marcel Loquet est à la tête d’une colonie importante en nombre de pigeons (proche d’une centaine de voiliers, yearlings compris) et en palmarès acquis depuis de nombreuses années en marathon. A titre d’infos, notre ami aura cette année les 3ème et 7ème As pigeons nationaux 500 – 750 km, ainsi que les 3ème et 7ème As pigeons plus de 750 km. Sa souche est solide, construite sur une base de 20 ans. 20 couples de reproducteurs peuplent la colonie.

Joël Michenet débute lui en marathon, grâce à la création du MCGC qui lui permet dorénavant de jouer ces distances. Il joue bon an – mal an, entre 50 et 60 voyageurs (yearlings compris). Cette quatrième place sur Osnabrück est la première étoile d’un palmarès qui devrait s’étoffer rapidement. Il construit sa colonie en triant déjà ce qui peuple ses installations et possède à ce jour 4 couples de reproducteurs, dont les deux pigeons qui lui ont permis de prendre du plaisir cette année en marathon.

Marcel ne joue que les mâles, au veuvage classique. Les jeunes (200 par an +/-) participent à 6-8 courses jusque 4 – 500 km. Les yearlings sont joués sur des courses du CALC et finissent ensuite par Narbonne. Certains sont au veuvage, d’autres justes célibataires. Exceptionnellement, cette année, il a joué Agen avec une dizaine de Yearlings célibataires, et faute de n’avoir pas vu et donc officialisé son premier tombé, il loupe ainsi le 1er international Agen yearling 2018. Il y a des jours comme ça. Le panier est ici seul juge et aucun pigeon n’est éliminé avant l’âge de 2 ans. Les vieux sont joués généralement sur 3 courses internationales, comme les vieux. Il faut faire ensuite prix pour rester. Ne sont comptabilisées pour le tri que les courses CALC (au-dessus de 500 km) et internationales. Les voyageurs sont accouplés généralement vers la fin décembre pour élever une paire de jeunes, sans que la reponte ne soit autorisée. Quand ils ont 15-16 jours, un jeune part avec les femelles au colombier de jeune pour finir l’élevage, l’autre est conservé au casier avec le père. Des jeunes sont pris sur tous les pigeons, car il n’est pas rare qu’un bon soit issu de yearlings. En début de saison, ils pourront à nouveau faire un nid et couver 4-5 jours ; ensuite c’est le passage au veuvage pour la saison. Un pigeon garde sa femelle toute sa carrière durant. Les femelles ne sont souvent pas montrées au retour, mais à partir du milieu de saison, avant de partir, pour un temps très bref. Il n’entraine pas entre deux courses, et jusqu’aux épreuves du CALC, ils n’ont droit qu’à une volée par jour. Dès que les 500 km sont abordés, c’est deux volées quotidiennes. Ceci peut redescendre à une seule en cas de trop forte chaleur le soir comme ce fut le cas cette saison.

Joël joue mâles et femelles au veuvage total. Les jeunes (70 unités par an +/-) sont entrainés 5-6 fois par ses soins jusque 50 km environ. Il tire lui aussi un jeune des voyageurs chaque année en début de saison, avec un accouplement vers le 15/03 chaque année. Ainsi, les voiliers sont encore sur 6 à 7 plumes en fin de saison. Les yearlings (de 20 à 40 par an) sont joués pour certains jusque Assen (772 km) ou Anvers (550 km) pour la plupart. Les deux ans font Assen en fin de saison pour plonger dans le bain ‘marathon’. Les coursiers ne sont pas mélangés avant une course ; ils peuvent se retrouver au retour, le temps des retrouvailles dépendant de la dureté de la course effectuée. Les mâles peuvent voler 1 heure le matin et autant le soir. Les femelles sortent le soir jusque 1h30 parfois, dès que ces messieurs sont rentrés. Il n’entraine pas non plus entre les courses.

Marcel est un fervent partisan du maïs et des petites graines, notamment du chènevis. Au retour, les voiliers ont du Beyers ‘Fond Olympic’, le meilleur mélange sur le marché pour notre ami. Le lendemain, selon ce qui reste, du dessert sera servi. Quand les pigeons ont repris, il passe au mélange léger. Sa préférence va au mélange Vanrobaeys ‘dépuratif Casaert’. Ceci peut aussi se passer sous forme de mix moitié bon mélange, moitié dépuratif. Le mélange est ici servi quasi à volonté, la ration du lendemain est aussi un peu évaluée en fonction de ce qui reste dans la mangeoire. Les derniers jours, ils auront à nouveau du ‘Fond Olympic’, additionné de dessert, de chènevis et de cacahouètes (un sac de 25 kg par an est distribué). La durée de cette phase de préparation dépend de la dureté pressentie de l’épreuve visée. Internet, et divers sites météo sont alors minutieusement observés.

Joël lui fait, pour la saison, confiance aux mélanges ‘Plus’ de chez Versele Laga. La nutrition sera ainsi axée autour de 3 types de mélanges, comme stipulé dans le programme du fabricant. Le ‘Gerry plus’ est donné au retour ainsi qu’en semaine. La fin de préparation verra l’apparition des mélanges ‘Champion plus’ et ‘Energy Plus’. C’est simple et efficace. Une cuillère à soupe matin et soir par pigeon. La durée de la phase de préparation dépend de la distance qu’auront à fournir les voiliers, ainsi que la dureté (vent) annoncée.

Côté traitements, Marcel Loquet demeure fidèle aux produits ‘Belgica de Weerd’ depuis une bonne vingtaine d’années. Il est même devenu assez ami avec le Dr de Weerd. En fin de saison, tous les pigeons reçoivent un traitement d’une douzaine de jours contre la paratyphose ; ils sont ensuite vaccinés. Par contre, l’an prochain, la vaccination contre le paramyxovirus sera faite 2 fois à 1 mois d’intervalle, pour les jeunes comme pour les vieux.

Suite au sevrage des jeunes en début d’année, toute la colonie est traitée avec du ‘BS’ qui agit contre la trichomonose et la coccidiose. Avant la saison, il porte quelques oiseaux chez le Dr de weerd à Breeda pour analyse complète. Il y a bien de la tricho parfois, mais jamais de vers, ce pourquoi ce traitement n’a pas été fait depuis une dizaine d’années rue de Bellevue. Pour le reste, en saison, des rappels sont fait pendant un ou deux jours selon les besoins avec les produits appropriés. Il faut alors être attentif au déroulement des volées, au grattage de nez, à la condition globale des voiliers.

Pour ce qui est des produits complémentaires, c’est pareil, confiance totale est faite au produits ‘de Weerd’. On ne peut alors passer outre les fameuses électrolytes ‘Belgasol®’. Des vitamines sont aussi données, le tout toujours pour ce qui est de la préparation en fonction des conditions annoncées. Une attention particulière est apportée à la récupération optimale des voiliers, chose primordiale dans notre sport.

Joël Michenet lui effectue un traitement contre les trichomonas pendant 5 jours en début de saison. Un rappel est ensuite effectué toutes les 3 semaines avec le même produits (Trichorex®- Ornis). Rien de plus, si ce n’est la vaccination obligatoire (PMV). Côté produits complémentaires, outre l’incontournable grit changé régulièrement, issu d’un mélange de 3 ou 4 produits différents que Joël achète, des vitamines de chez Versele Laga sont données 2 fois dans la semaine avant une course, tandis que, le grain est lui humecté de ‘Form Oil®’ puis saupoudré avec du ‘Form Mix®’, toutes deux spécialités de chez Versele Laga. Au retour, les pigeons reçoivent du thé, Natural ou Versele Laga, selon ce qu’il trouve.

Vous le voyez, nous avons là deux colonies, deux méthodes bien différentes pour une même victoire. Si tous les chemins mènent à Rome, toutes les méthodes peuvent aussi mener à la victoire, dès l’instant qu’un minimum de rigueur est présente et qu’il s’agit d’oiseaux de qualité. En fin de saison, Joël a décroché son téléphone pour appeler Marcel. Si ce temps n’avait pas été pris en cours de saison, la curiosité a fini par décider notre ami berrichon à contacter son compère ‘ch’ti’. S’en est suivi un bon moment de découverte mutuelle, qui devrait se concrétiser par une jolie rencontre en février 2019 lors de la remise de prix du CIF.

Espérons que nous pourrons renouveler l’expérience l’an prochain, pour le plaisir de tous. Cette belle occasion de tisser des liens entre amateurs du nord de la France et amateurs du centre ‘élargi’ de notre beau pays. Qu’y a-t-il de plus beau dans notre sport que de le partager avec des copains, de découvrir d’autres horizons, d’autres méthodes, d’autres copains ? La colombophilie sans amitié serait-elle d’ailleurs toujours aussi plaisante ?? A bientôt donc pour de bonnes discussions autour du pigeon marathon, élément indispensable de notre belle passion.

Bravo à Marcel, à Joël pour leur magnifique victoire ainsi tous les participants à ce premier championnat français marathon par équipe.

 

David Chassagne, novembre 2018.