MARATHON CLUB DU GRAND CENTRE
"Des pigeons d'exception pour des hommes de passion"
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C’est à 8h25’07’’ que le 079934 de 2018, libéré la veille depuis Assen (NL) franchit la trappe ce matin du 12 août 2021 des installations de Joël Choteau à 85 Le Fenouiller. Il vient ainsi offrir à son heureux propriétaire une deuxième victoire consécutive sur le Assen du MCGC.

Incontournable dès que la distance devient très sérieuse, Joël avait en effet déjà remporté l’or en 2020 sur cette étape pour lui à quelques 926 km s’il vous plaît.
Assen 2021

Si l’édition 2020 avait été compliquée, avec un premier prix remporté à 850 mpm, notre champion avait marqué les esprits en plaçant 5 pigeons dans le top 10 (1, 6, 7, 8, 10 / 824 p) et 8 prix de 9 engagés. L’opus 2021 aura été plus «normal», avec une victoire emportée à 968 mpm. Au petit matin, par-delà la barre des 800 km à parcourir, les pigeons n’ont cependant pas dégringolés tels les étourneaux dans l’arbre sous lequel vous aviez garé votre voiture la veille de la découvrir toute repeinte. Ainsi le second prix sera gagné par Patrick Métayer qui fait un retour remarqué «aux affaires», avec un pigeon à 9h03 pour 941 km (946 mpm), tandis que Manu Dos Santos constate à 10h09 pour 884 km (6ème place) et l’omniprésent tandem Arnaud et Dominique Provost confirme sa place dans les grands des marathons du Centre France, avec, pour 902 km, un pigeon à 10h34 (7ème prix), suivi d’un autre à 11h00 (8ème prix). N’oublions pas non plus le second pigeon de Joël, à 11h31 qui ferme le top 10. Non content de rafler la victoire, notre ami y met à nouveau les formes avec 2 tops 10. Chapeau.

Juste en dessous des 800 km, il y aura quelques matinaux dont on peut souligner la performance. Ainsi Akid Adil (Tours) ouvre le bal du petit matin à 7h06 pour 751 km (5ème prix), suivi à 7h49 par son comparse Billy Geoffrey (9ème prix). A 8h00 pour 750 km, Philippe Rossignol arrive juste au pied du top 10 (11ème prix). La veille, seuls 2 pigeons avaient pu coucher à l’abri. Youness Moussadad ouvrait la feuille «Pircube» du Assen avec un pigeon à 18h19 pour 575 km (4ème prix), doublé ensuite par le très constant Philippe Gauthier qui officialisait son premier voilier à 18h26 pour 588 km (3ème prix) et remportait ainsi le Assen zone «fond» une fois de plus. Bravo.

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Le lendemain soir du lâcher, les prix étaient déjà clos, à 22h31 et 939 km pour le pigeon de Roland Ancelin et 17h21 et 827 km pour le pigeon de Régis Vovard.
Pour Joël, les années se suivent et se ressemblent bien un peu. Ainsi, il fait à nouveau cette année une prestation d’anthologie sur Assen. Sur l’édition 2021, voyez ci-dessous ses constatations, ainsi que les prix correspondants. Avec 7 prix de 8 engagés, il peut être cette année encore pour le moins satisfait…
1er prix (8h25’) ; 10ème (11h31’) ; 14ème (11h52’) ; 27ème (12h29’) ; 39ème (13h17’) ; 81ème (15h43’) ; 146ème (20h10’) / 713 p (7 p / 8 eng). Le 8ème n’est rentré que le lendemain, et n’a pas été conservé.

A noter que son cinquième pigeon (39ème / 713 p) est la femelle 079921/18 qui remporte Assen 2020.

Malheureusement pour la concurrence, il ne s’agit pas d’une paire d’années plus chanceuses, ainsi, de champion, notre lascar en est vraiment un sacré. Pour mémoire, trouvez ci-dessous quelques résultats qui vous donneront la température quant aux résultats de Joël.

- Osnabrück (978 km) : 2ème en 2016 ; 2ème en 2018 ; 1er en 2019
- Assen (926km) : 2ème en 2019 ; 1er en 2020 ; 1er en 2021.

Vous l’aurez compris, Hambourg excepté, il aura raflé, laminé, tout ce qui est possible en termes de courses marathon dans notre centre France. Et encore, sur Hambourg, 1119 km pour lui, il arrive à classer une même femelle 2 années de suite (088640/2017 - 22ème en 2020, 24ème en 2021), réalisant en 2 éditions auxquelles il a participé un honorable 1/3 de prix. Pas facile pour la concurrence.


079934/18

Pour une première étape à plus de 900 km, ce mâle de 3 ans a fait les choses en grand, avec 22 mpm d’avance sur le second classé de l’édition et 3 heures avant le second pigeon de Joël. De l’aveu de son heureux propriétaire, c’est un pigeon régulier, toujours dans les 4 ou 5 premiers du colombier, mais, pour autant, pas à la tête avant ce jour. Conservé en dessous les 700 km jusque l’an passé, il avait cette année participé début juillet à un Amsterdam (806 km) qui avait fait souffrir les colonies. Il y avait cependant fait un beau prix et était parmi les 3 vaillants du colombier à rentrer le soir même (22h23) sur les 19 engagés. 3 voiliers dont le fameux 082 ne rentreront pas. Suite à cette course catastrophique, Joël a préféré mettre l’équipe B sur Assen, en conservant 5 bons pigeons du compartiment «marathon» à la maison. On se disait aussi, que 2 tops 10, il faiblit. C’est dire le potentiel de cette omniprésente colonie dans les podiums et tops 10 marathoniens.

Revenons au 079934/18, qui, pour son premier 900 km, a mis les pendules à l’heure. Son père est un direct René Landais, écaillé noir de la vieille et éprouvée origine Brouckaert. Comme l’on dit, un seul suffit pour être premier, ainsi, le 934/18 est le seul pigeon qui reste d’avec plusieurs femelles de ce mâle, mais c’est le bon, celui qui met tout le monde d’accord. La mère est une Chassagne D.&D., fille du «Vaillant» de 06 sur une fille du Boyd (First Price Pigeon).


Colonie

Là, ça vexerait presque de prendre une pile comme ça quand vous savez ce qui suit : seulement 3 couples de reproducteurs sont conservés, constitués d’un ancien voyageur et de 2 mâles «incorporés». Quelques couples d’éleveurs aident à prendre suffisamment de jeunes de dessus, ainsi que sur les voyageurs, car notre champion trouve, à juste titre, que l’on tire d’aussi bons jeunes, si pas mieux des voyageurs. Alors oui, là vous regardez la tripotée de «reproducteurs» que vous traînez dans vos installations d’un autre œil, eux qui ne vous fournissent pas de quoi faire seulement semblant de rivaliser avec ceux de Joël. Forcément, ça fait gratter la tête un peu. A méditer.

Ajouter à ceci que Joël n’est pas du genre déraisonnable, et ne se ruine pas pour renforcer sa colonie pourtant des plus performantes : il procède préférentiellement par échange entre copains. Ainsi, son second constaté de Assen 2021 (Mle 352412/18, 10ème / 713 p Assen) est un pigeon donné par le décidément incontournable Thibaut Enguerand. Ce type de pratique ne peut que doubler le plaisir, assurément partagé dans ces circonstances, où tant le donateur que le bénéficiaire sont comblés.

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Côté origines encore d’actualité, on retrouve notamment les Fruitiers, F. Turpin, P. Verove, J.P. Mignien, R. Landais, D.&D. Chassagne, Th. Enguerand, A.&D. Provost, C. Boros, C. Reybroeck.

Ce sont donc une trentaine de jeunes qui seront bagués chaque année (ça aussi ça pique les yeux quand vous savez la tripotée de bagues que vous achetez chaque année). Ces jeunes seront juste entraînés tranquillement jusqu’à environ 40 km. La sélection se fera surtout à la main donc, où sera jugé notamment la qualité de la plume, l’épaisseur de la tranche d’aile, ainsi que le peu de longueur du bras. L’aile doit être bien ventilée, Joël étant adepte de la thèse alaire. Les fourches doivent aussi être indiscutablement solides.

Les yearlings iront, eux, normalement jusqu’à 500 km sans être pour autant bousculés. Les «moins bien» iront un peu plus loin pour montrer s’ils seront réellement capables d’être à la hauteur de défendre les couleurs de la colonie. Un petit coup d’évaluation manuel est toujours possible à ce stade. Pour 2021, 16 mâles yearlings ont été testés.

Les 2 ans font «la ligne». Ils font un seul 800 km fédéral, et un second pour ceux qui n’ont pas répondus aux exigences. Les «2 ans» sont logés dans un compartiment spécifique contenant 12 places. Ils sont accouplés début avril pour 6 à 7 jours de couvaison pour ensuite passer au veuvage. Ils démarrent à 160 km et volent chaque course, sauf avant un fédéral, où ils restent à la maison : repos. La sélection se fait selon les résultats et les places disponibles.

Les «3 ans et plus» sont logés eux dans 2 compartiments de 8 cases, donc 16 pigeons. Un de ces compartiments, soit 8 pigeons, est dédié aux fédéraux, et l’autre aux marathons. Ces voiliers plus expérimentés débutent la saison plus tard, avec des entraînements jusqu’à 50 km pour attaquer ensuite directement à 200 km, la ligne de vol étant alors avancée. Avant une étape comme Assen (926 km), ils auront environ 1200 km dans les ailes, dont une étape de 600 km, suivi d’un repos d’environ 2 semaines ponctuées d’un entraînement de 50-60 km. Durant la période de +/- 3 semaines entre 2 étapes marathon, ils n’iront pas au concours. La première semaine de repos consommée, ils partiront par contre 2 ou 3 fois en étape d’entraînement, toujours à 50-60 km.

Ils sont accouplés vers le 20 avril sans rencontrer leur femelle. Suite à l’accouplement, ils reviendront sur des œufs, puis ce sera le plaisir de trouver leur femelle au retour. Pour les courses marathon, la femelle sera donnée avant le départ pour environ 1 heure.

En parallèle, en moyenne, une vingtaine de femelles sont jouées dans un colombier à part. Pour 2022, il y en aura 15 sur la ligne de départ. Elles sont plus mises au panier que les mâles, et y vont donc autant que possible. De même, yearlings, elles seront alignées sur un 800 km (fédéral), voire, si en bonne condition, sur Assen (926 km) en fin de saison. Ce fut le cas cette année pour une yearling donnée par Cristian Boros, qui fera finalement prix sur Assen 2021 (Mle 291401/2020 ; 146 / 713 p). Jouées au veuvage en saison, elles seront accouplées pour le dernier fédéral (femelles yearlings) ou Assen pour y être enlogées sur des œufs de 12 jours ou un grand jeune. Par exemple, cette année, il est possible que le report de Assen, décalant d’autant la position initialement prévue ait joué défavorablement sur la prestation des femelles, celles-ci étant en retrait par rapport aux mâles sur cette course. En effet, les 4 premiers constatés sont des mâles, les 3 suivants sont des femelles, tandis que l’an passé, une femelle remportait l’édition. Ce peut tout aussi bien être une autre raison, bien malin celui qui sait.

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Soins

Fidèle à sa méthode, Joël donne une cuillère à soupe rase matin et soir à ses voiliers. En fin de préparation pour une course, la cuillère sera bombée de grain les derniers jours. Pour un marathon, ce sera encore un peu plus que ceci, en fin de préparation.

Au retour est servi du mélange sport qui sera également donné le lendemain en cas de courses difficiles. Ensuite du dépuratif commercial est donné pendant 2 jours pleins, avec du «Herba zyma» dans l’eau. La teneur en dépuratif va évoluer au fur et à mesure de la semaine par ajout de mélange sport (50/50 en milieu de semaine), pour finir avec 100 % de sport en fin de préparation. Le mélange sport donné est un mélange de 3 sortes de «sport» commercial. Joël donne des firmes disponibles chez lui, donc essentiellement du Beyers et Mariman.

Pour un marathon, outre la quantité qui est augmentée, notre champion rajoute du maïs, des petites graines et du chènevis pour finir de charger les réservoirs.
Il est aussi adepte de l’iode dans l’eau en fin de semaine. Régulièrement, du vinaigre de cidre est ajouté à l’eau de boisson, de même que de la Naturaline, toute l’année une fois par semaine.

Deux fois par semaine de l’huile d’ail et/ou de chènevis additionnée de levure de bière sur le grain. Cette année, du «Form Plus»® (Mapp System) a été ajouté (gagné l’an passé sur le concours d’Assen).

Pour les marathons, il donne également du mélange «super énergie» en fin de préparation.


Traitements

Joël est revenu à traiter la trichomonose suite à plusieurs années sans y toucher. Les bonnes choses ont une fin, et sans traiter, ceci n’allait plus finalement. Outre le vaccin obligatoire en début de saison, il fait donc une cure contre vers et trichomonose avant les premières confrontations. En cours de saison, la trichomonose a été l’objet de 2 traitements. Rien n’est fait par contre pour endiguer la coccidiose. Les voies respiratoires sont maintenues saines via un produit (plantes) de la firme Belgavet administré tous les 15 jours. La saison se termine avec un dernier traitement «tricho», puis plus rien. Le traditionnel coup de Baytril® annuel des saisons passées n’est plus donné depuis 2020.


Epilogue

Voilà donc pour cette nouvelle et magnifique victoire de l’ami Joël Choteau, autant intraitable sur la feuille de résultat qu’il peut être sympathique et avenant dans les relations avec ses congénères. Le proverbe dit «jamais 2 sans 3». Ceci pourrait bien se vérifier dès 2022 tant les constations aux environs de 8 heures du matin chez ce point arrière les lendemains de Assen obligent un prétendant plus court à constater idéalement le soir même ou vraiment très tôt le lendemain d’une libération depuis Assen. Et ceci n’est pas gagné quand même, il faudra en face un sacré «mec» pour y parvenir. La dragée est quand même placée à bonne hauteur pour qui veut maintenant emporter l’or sur cette étape, l’ami Joël semblant bien goûter le plaisir de la première place.

Les choses sont posées, la partie ne s’annonce pas facile pour les concurrents, car la colonie de Joël, loin d’être sur le déclin, n’en finit pas de montrer sa suprématie, le pilote à la barre n’étant pas du genre à se fourvoyer dans des erreurs. Rendez-vous est pris pour 2022, qui, si dame nature nous le permet nous permettra à nouveau de rêver d’arrivées marathoniennes qui pourront rester gravées dans nos mémoires pour notre plus grand plaisir.

Bravo Joël pour cette nouvelle démonstration, que les années futures te soient propices,

David Chassagne Novembre 2021.