C’est un nom bien connu qui décroche l’argent sur l’édition 2016 de Assen. Ce ne fut une surprise pour personne de voir à nouveau Patrick Métayer constater de très bonne heure cette fois encore. Loin du hasard et du coup de chance, c’est de maîtrise de l’art colombophile et de supers pigeons qu’il s’agit. Et de super pigeon, le ‘Assen 482’ en est, à coup sûr, un...
Un As pigeon, un vrai
Après une brillante première place en 2014, et une 23ème place en 2015, le 217482/2009 alias ‘Assen 482’ de Patrick Métayer décroche l’argent sur l’édition 2016 de Assen. Il se hisse ainsi à une très belle seconde place des As pigeons sur Assen 2 ans (2015-2016) et Assen 3 ans (2014-2015-2016) derrière le terrible Panzer de René Landais, seul pigeon capable de devancer le crack de Patrick.
Il empoche au passage le titre de 1er As pigeon Assen-Osnabrück 2016, car il avait début juillet déjà été constaté de bonne heure sur Osnabrück (8ème /579 p., à 950 km), là aussi dans des conditions très sélectives.
Il finit donc l’année 2016 avec les titres de 1er As pigeon Assen-Osnabrück, 2ème As pigeon Assen 2 ans (2015-2016), 2ème As pigeon Assen 3 ans (2014-2015-2016), ainsi qu’une magistrale seconde place semi-nationale sur Assen 2016. Le tout à 941 km. Chapeau bas.
Il prend une retraite bien méritée en sortant par la grande porte, prouvant à Patrick qu’il a eu raison de le jouer cette année encore dans sa septième année.
Un lève tôt, un couche tard
C’est à 07h38’17’’ le lendemain du lâcher que se fait officialisé le 482/09. Le lâcher un peu tardif 7h30 le matin et la distance à parcourir (941 km) ne donnait pas grand espoir, de pouvoir constater un pigeon ici le soir. Même pour un habitué des constatations en début de pénombre à ces distances qu’est Patrick, ceci fut impossible. A l’impossible nul n’est tenu, heureusement, la neutralisation est là pour redonner une certaine équité dans ces conditions spécifiques.
Il ne devait pas être bien loin quand même, mais la nuit aura eu raison de sa détermination. Notez que ce n’est pas tous les pigeons qui savent ainsi se relever tôt le lendemain, quand les muscles sont fourbus par plusieurs centaines de kilomètres d’effort. En 2014, il avait bravé la pénombre (22h08) pour l’enlever devant justement un pigeon de René landais, qui gagne cette année. C’est donc un voilier tenace, qui sait travailler dur, et conserver sa classe, année après année. Sur l’édition 2016 seulement 4 pigeons auront la capacité de regagner leur colombier le matin avant 08 heures, le 482 étant le seul à le faire au-dessus de 900 km.
Les Hollandais (le 482 est 50 % Hollandais), ténors internationaux du grand fond, ont construit et sélectionné leurs lignées sur leurs ‘overnachts’ (lâchers retardés), avec comme récompenses des voiliers au mental de fer, qui non seulement se relèvent tôt, mais pour certains ne se couchent plus... Sur des lâchers retardés, ce 482 aurait à n’en pas douté été un sacré client là aussi vu la carrière qu’il vient de boucler.
Préparation 2016
Apres 3 entraînements de successivement 10, 30 et 80 km, le 482/09 a été enlogé la première fois sur un Vierzon (234 km) le 24/04. S’en sont suivis un Saran (287 km) le 01/05, un Vire (352 km) le 15/05 et enfin un Le Mans (255 km) le 07/06 - en remplacement de Reims (500 km) pour cause de problèmes météo. Sur ces 4 étapes préparatoires, le ‘Assen 482’ ne força pas son talent et en pigeon long cours d’expérience, revint tranquillement en queue de compagnie, juste après les prix.
Notez au passage, il le mérite bien, que c’est sur cette dernière ‘courte’ étape que le fameux ‘Osnabrück 526’ n’est plus rentré, seul absent de 45 engagés. Dans ces cas, inutile de guetter la trappe les jours suivant ; ce fut le cas ici aussi, pour cet extra pigeon.
Sur ensuite le Arras (551 km) Intergroupement du 19/06 (15 jours avant l'enlogement d'Osnabrück), le favori de Patrick se montre un peu, avec un 122°/1178 p. (1120 m/m).
Au retour d'Arras, le lundi, en préparation d’Osnabrück, lui fut administré un traitement anti-trichomonose sous la forme d’une gélule de ‘TriColi STOP’ (laboratoires Pigeon Vitality). Ensuite fut administré pendant 3 jours de l’’Orni special’ contre les problèmes de voies respiratoires (laboratoires Belgica de Weerd).
Côté nourriture, jusqu'au 24/06, il reçut du mélange léger, fait de 50 % Dépuratif 50 % diète. Passé cette date, le dépuratif fut supprimé et remplacé par du Champion Plus, pour donner le mélange suivant : 50 % Diète 50 % Champion plus.
Les 4 derniers jours avant Osnabrück, les rations se transformèrent en menu à bac plein d'un mix Champion plus, Energy plus, P40, maïs, ajoutée de 2 cacahouètes par bec le soir.
Pour l’enlogement d’Osnabrück, lui fut montrée sa femelle, pour la première fois de la saison. Sur Osnabrück (950 km), le 482 est le deuxième pigeon de Patrick. Il arrive le matin de bonne heure (07h02’- 905 mpm) pour décrocher une magnifique 8ème place semi-nationale. Il a pu profiter jusqu’au lendemain matin de sa femelle.
L’équipe préparée pour Assen a ensuite été traitée comme avant Osnabrück, (traitement anti-trichomonose sous la forme d’une gélule de ‘TriColi STOP’ (laboratoires Pigeon Vitality) suivi de 3 jours d’Orni special’ contre les problèmes de voies respiratoires (laboratoires Belgica de Weerd).
3 jours avant l’enlogement d'Assen, l’équipe ‘long cours’ a été lâchée à environ 80 km pour se remettre dans le rythme.
Notez que Patrick aime bien varier les conditions ‘pré-course’, et reste toujours à l’affut du petit détail qui va garder aiguisée la motivation de ses voiliers. Ainsi, pour cette dernière étape de sa carrière, sa femelle ne lui a pas été présentée avant l’enlogement.
Là encore il fit honneur à son rang et s’adjuge une magnifique seconde place du contingent semi-national, agrémentée des titres cités en haut de cet article ; la classe, tout simplement.
Un repère
Chapeau bas l’artiste, pour cette sortie par la grande porte d’un crack pigeon qui nous aura montré ce dont des voiliers pouvaient être capables à 950 km. Ce type de prodiges nous fixe un niveau, un repère des possibles pour nos rêves ‘longues distances’ des années à venir.

Merci au ‘Assen 482’ pour ce qu’il nous a offert de rêve, notamment lors de l’édition 2014 d’Assen, où il avait, avec son arrivée quasi nocturne, forcé l’admiration de tous ; bravo. Tous nos vœux de réussite maintenant à l’élevage, que nous retrouvions rapidement encore ce type d’extra pigeons dans nos compétitions marathon. Le rêve, c’est ce type de pigeon qui nous le procure, et conserve intacte l’étincelle dans le fond de nos yeux quand l’on parle courses marathon. Merci ‘Assen 482’.
Pas le seul
Ce fameux 482/09 n’est pas le seul élément de valeur dans les installations de Patrick. Même si la saison a été entachée par la perte d’une des stars du colombier lors de la disparition du ‘Osnabrück 526/08’ en début de saison, et que le ‘Assen 482’ est désormais placé en reproduction, les installations comptent encore de quoi faire des jours heureux sur les futures confrontations longues distances.
Non content de constater systématiquement dans le premier carré sur les courses marathon de notre secteur, il a ensuite une série de pigeons qui tombent, signant ainsi à chaque fois de belles prestations, avec pigeons de tête et séries constatées.
Le 464318/11 finit ainsi à la 3ème place des As pigeons 2016 ‘Assen-Osnabrück’, avec la démonstration d’un certain savoir-faire à 950 km : 3éme sur Osnabrück (22h19’ – 1000 mpm – 950 km) et 13ème sur Assen. Il est aussi 11ème As pigeon Assen 2 ans (2015-2016) avec 86 points.

Le 465026/13 enclenche lui aussi une jolie 19ème place sur Assen 2016, et le 465073/13 une 12ème place sur Osnabrück 2016. Patrick (945 km de moyenne en marathon), joue des pigeons d’expérience, et ces 2013 n’en sont qu’à leur apprentissage à la distance. Il y a fort à parier que nous les retrouverons dans les années à venir en tête des classements des courses ‘marathon’ et des différents classements d’As pigeons.
La relève est donc bien présente.
Il ne fait aucun doute que, malgré la disparition de 2 supers pigeons de l’équipe de vol (482 et 526), l’ami Patrick Métayer saura garder le top niveau auquel il s’est imposé depuis le début de nos courses longues distances. Ses victoires depuis de nombreuses années en fond (12ème région colombophile), et maintenant en grand fond, nous prouve que sa colonie a les reins solides et que le manager est des plus efficaces.
Non content de savoir trouver des oiseaux de qualité et d’en maintenir le niveau au fil des générations, il a une certaine patience, et une finesse dans la préparation que bien peu peuvent et vont égaler. Là est aussi le cocktail des succès d’hier, et des victoires de demain. Bravo !
David Chassagne, août 2016
