MARATHON CLUB DU GRAND CENTRE
"Des pigeons d'exception pour des hommes de passion"

Avec 807 km de dur labeur, pour revenir du « Osnabrück-Amsterdam » UCML 2015, les pigeons d'Alain Gironde ont réalisé une performance des plus brillantes. Petite colonie, maxi résultats.


C'est sous un soleil de plomb et une chaleur écrasante que les pigeons sont rentrés de cette épreuve 2015. Aux distances plus courtes de 100 à 150 km, les pigeons ne tombaient déjà pas comme on aurait pu l'attendre. Pourtant, au soir, un colombier des arrières points avait déjà 25 % de ses protégés. C'est cette colonie de pointe, résolument tournée vers les longues distances que je vous propose de rencontrer pour cet article.

 470482 2013

Alain et le 470482/2013

 

Un homme engagé


Alain Gironde, s'il n'est pas un inconnu sur le plan des résultats ne l'est pas non plus des amateurs de longues distances. C'est sous son impulsion que certaines régions avaient un temps pu mettre en place des semi-nationaux tels Düsseldorf et Amsterdam (2009, 2010). Cette œuvre, pourtant magnifique, avait dû se perdre ; si notre club est, disons, un descendant des clubs de fond qui ont pu jalonner l'histoire de nos régions, il peut tout autant l'être des semi-nationaux pilotés par Alain. Aujourd'hui, il nous suit dans notre aventure, et nous épaule, merci.


Sinopé II


C'est le nom du 470482/13, qui a été officialisé chez son maître Alain à très exactement 19h25'27''. Bon pour une vitesse de 1035 m/mn et une superbe seconde place du contingent semi-national.

sinope II  470482 2013

A 21h11, « Bise », 443174/12 fait son entrée en scène dans le ciel de Charron (17), bonne pour une 11ème place du contingent. Pour beaucoup avec des distances plus courtes, il faudra attendre bien plus de 12 heures pour voir une paire d'ailes se détacher du ciel...

 

Pédigrée "Bise" 443174/2012

Ce joli écaillé bleu a, il faut le dire, de qui tenir : il descend en effet du fameux « Ouranos » (Aarden-Wijnands), seul voyageur d'Alain, digne, pour lui, de rentrer au colombier d'élevage. La mère est, elle, une Raymond Hebtings (Verbruggen, Vandenabeele). Pour moins de 8 m/mn, la victoire passe sous le nez de Sinopppé II : le grâle étant tombé sans grande surprise dans l'escarcelle de l'excellente colonie de Olivier Poupard qui s'impose sur cette sélective épreuve. Il n'y a cette année encore pas de hasard dans la distribution des places d'honneur. Ainsi, le bronze est remporté par la solide équipe de Richard Coutelet, qui au passage fait une démonstration de force avec 3 pigeons dans les 15 premières places dont 2 dans le top 10 (3, 6).


Confirmation


Je vous l'ai dit plus haut, la colonie d'Alain, n'est pas une inconnue pour qui suit un peu les résultats colombophiles. Il avait par le passé remporté la bague en argent sur les meurtriers Wedemark national (1047 km tout de même), avec à l'époque un 6/6 et deux pigeons le soir même (20h05 et 21h06). En 2008, c'est une seconde place au semi-national d'Osnabrück. Pour infos, son Apollon 413/10 fait 2/2 l'an passé dans notre programme commun (27ème Osnabrück et 17ème Assen 2014).

201037 2014

201037/2014


Cette année, le résultat aurait pu être pire, avec pas moins de 7 prix de 8 engagés à 807 km. Et, cerise sur le gâteau, deux pigeons le soir même, et une yearling dès 7h39 le lendemain matin. Les 5 autres pigeons seront enregistrés aux heures suivantes : 9h25 ; 11h32 ; 1h39 ; 12h45 ; 18h48. Qui dit mieux ?
Au résultat semi-national, voici la feuille de jeu de notre ami : 2, 11, 32, 44, 75, 80, 103/541 pigeons.
Soit donc 7 prix de 8 enlogés et la bagatelle de 4 prix par 10. Notez aussi que c'est une petite yearling qui pointe à la 32ème place en se faisant officialiser le matin à 7h39.

Pédigrée 201037/2014
Il sera sans nul doute un candidat des plus sérieux au prix du premier amateur à 50 % de prix et à celui de 100 % de prix.


Petite colonie


Jouer le grand fond ne nécessite pas des structures gigantesques et une colonie pharaonique : celle d'Alain est composée de 4 couples de reproducteurs.
30 à 35 jeunes sont bagués par an pour les besoins de renforcement des équipes de jeu.

colombier

 Le colombier


11 mâles d'au moins 2 ans et 15 femelles sont alignés au veuvage. Les yearlings sont au nombre de 9 (5 au veuvage et 4 au célibat). Les trois colonies qui ont marqué cette épreuve 2015 sont ainsi toutes 3 de taille réduite ; elles sont bien sélectionnées et, malgré leur petite taille, sont redoutables d'efficacité. Au passage, notez que les pigeons d'Alain sont également productifs aux distances plus courtes, ainsi, ceux sont les 2 premières places du concours fédéral d'Auxerre qu'ils remportèrent face à 3280 pigeons.


Origines


La base de la colonie actuelle repose sur une femelle Aarden (Brillant, Marathonienne, etc). La quasi-totalité des pigeons actuels descendent de cette fabuleuse génitrice. Le sang du célèbre « Saphir » (Gorin) est aussi bien présent, s'ajoute à ceci des Wijnands, Bostyn (Benoni, Splaten, Millionaire), Toye (Tarzan), Verbruggen et enfin Vandenabeele.

Base de la colonie

 La "Aarden"


Depuis 2014, d'autres origines sont testées : Grislain JB, Deguillage, Pirotte Ch, Van Eycken, Tronquoy, Schaskow frères, Stickelbaut.
Un pigeon introduit est en général passé au colombier de jeu, au moins la première année (yearling) avant que ne soit prise une décision sur sa possible introduction dans l'équipe de reproducteurs.


Méthode de jeu


Les pigeons sont tous accouplés début mars ; les voyageurs élèvent un jeune puis passe au veuvage pour le reste de la saison. Ce sont les mâles, qui, quand les jeunes ont 15 jours, finissent seuls d'élever.

compartiment veufs

 Compartiment des veufs


Les « vieux » d'un sexe sont accouplés avec les « un an » de l'autre sexe : les mâles de 2 ans et plus ont comme partenaire les femelles de yearlings, et les mâles yearlings sont accouplés aux femelles de 2 ans et plus.

compartiment femelles

 Compartiment des femelles


Les partenaires sont présentés en début de saison, puis seul le plateau est retourné ; exception faite avant un concours s'annonçant très dur (ou grand fond) auquel cas les partenaires sont présentés sans être en contact direct (un d'eux est enfermé dans le demi-casier). Au retour, un partenaire attend toujours au casier, pour les mâles comme pour les femelles.


Les pigeons sont joués le plus souvent possible, notamment les femelles, si elles ne partent pas un week-end, elles sont portées en voiture à +/- 90 km pour rester sur l'aile. Elles sont enfermées toute la journée au casier pour garder intact leur motivation pour leur partenaire, et ne sont lâchées autour du colombier que 2-3 fois par semaine.

compartiment pigx

Compartiment pigeonneaux

Les pigeonneaux sont mis en panière pendant 3-4 jours pour apprendre à boire au panier puis lâchés devant les colombiers. Ils seront ensuite entraînés à 20, 30, 50, et 80 km. Arrive alors le moment pour eux de participer à 4 épreuves de 100 à 170 km dans un rayon de jeu proche, pour leur apprendre à rentrer directement.


Soins


Les fientes sont analysées avant la saison pour voir si les pigeons sont parasités. Un traitement est réalisé si besoin (vers, coccidiose).
La trichomonose est combattue par un traitement de 5 jours en début de saison puis un rappel toutes les 3 semaines pendant 3 jours.
Un traitement est aussi réalisé contre la paratyphose, suivi du vaccin ; les oiseaux sont aussi bien sûr vaccinés contre la paramyxovirose.
Une fois par semaine, le produit « Bronchofit » (Herbots) est donné pour améliorer les voies respiratoires. Dans ce même objectif (voies aériennes supérieures), les gouttes « Formadrops » (VLA, sont instillées dans chaque œil et narines le matin de l'enlogement.


Des électrolytes sont donnés une fois par semaine à tous les pigeons, reproducteurs compris.


En fin de préparation pour une belle épreuve, les 5-6 derniers repas sont composés de 100 % de mélange « Super Power », auquel est ajouté des cacahouètes les 2 derniers jours ainsi que du mélange friandise. Dans le même temps, de la graisse de mouton et du BMT (Herbots) sont additionnés au grain.


Au retour, un mélange « Super Winner », pauvre en protéines, est donné ; si l'épreuve a été difficile, le lendemain et pour une paire de jour, du « Super Power » est donné, sinon, c'est du mélange « Super Winner » qui est maintenu jusqu'avant l'enlogement suivant.


Sélection


On ne peut être à la tête d'une colonie très performante comme ici, sans sélectionner efficacement les voiliers. Ceci est d'autant plus important quand vous ne voulez pas vous laisser déborder par un nombre important de pigeons qui impacterait la qualité des soins apportés et l'efficience des installations.
Chez Alain, l'accent est mis sur la récupération. Un pigeon a un maximum de 2 heures pour se remettre d'une épreuve difficile, au-delà, c'est le départ du loft, irrémédiablement.


Pour ses pigeonneaux, c'est aussi le cas, une arrivée d'entraînement et de petite course entre copains (100 à 170 km) ne doit pas laisser de traces au-delà de 2 heures. En plus, vient la main du patron (avant le pédigrée). Le pigeon doit bien tomber en main, avoir un bon équilibre, une attache courte et un dessous bien fermé. L'œil aussi est bien apprécié.


Seules 9 places de yearlings par sexe sont disponibles, aucun passe-droit n'est accordé au-delà. De yearling à deux ans et plus, ce sont 6 places maximum qui seront libérées, pas une de plus là non plus.


Epilogue


La colonie d'Alain Gironde est un bel exemple de ce que nous voulons aussi défendre au MCGC : participer avec brio aux courses de grand-fond n'est en aucune façon une affaire de méga colonies. Avec sa petite structure, notre champion fait plus que de bien se défendre, simplement, sans grandes contraintes et surtout avec de superbes résultats.


Si vous regardez le résultat de cette épreuve, les 3 premiers au classement (Olivier Poupard, Alain Gironde, Richard Coutelet), ont, outre le fait d'être de bons coulonneux, en commun d'être à la tête de colonies restreintes en taille, je pense que la moyenne des jeunes élevés ne doit pas dépasser les 30-35 têtes... A méditer !!!


Alain, merci pour cette démonstration qui ne peut que renforcer notre motivation à participer à ces épreuves, sans complexe.


Un grand bravo pour cette leçon de colombophilie ; notre passion peut être simple et générer en même temps beaucoup de plaisir, sans prise de tête. Merci aussi pour ces moments de bonheur que tu as su nous faire vivre par le passé au travers des semi-nationaux que tu avais montés. Notre sport doit sortir de sa léthargie et savoir innover, comme tu as pu le faire voici quelques années. Pas toujours facile. Bravo.


Bon vent pour Assen qui approche à grands pas, succès !


David Chassagne Juillet 2015